‹ Les plaideurs sans procèsChapitre 39 sur 69 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

RENARD et RAYMOND.

Une telle action est à coup sûr louable ; Mais de feindre avec vous je ne suis pas capable , Et , s'il faut parler vrai , j'en espère fort peu : Dans une telle affaire il n'est point de milieu; Votre épouse est, Monsieur, ou n'est pas légitime

RAYMOND

Je tiens , je vous l'ai dit , à la publique estime ; Je veux avoir pour moi tous les bons procédés.

Mais sur le moindre point pourtant si vous cédez..

RAYMOND

De le convaincre encore il n'est pas impossible ; Je compte lui porter le coup le plus sensible.

RENARD ( à part ).

Et moi je compte bien en empêcher l'effet. Raymond {à part).

Il faut dès aujourd'hui les brouiller tout-à-fait. Voici l'occasion...

renaed.

Mais tandis que j'y pense , Des pièces , s'il vous plaît , donnez-moi connaissance j Car je ne sais encor que le gros du procès.

Raymond ( tirant du coffre une énorme liasse ).

C'est juste : les voici qu'en vos mains je remets.

RENARD

Ah ! quels vieux parchemins !

RAYMOND

Ils viennent de la Mecque.

( A part. )

On me les a prêtés à la bibliothèque.

renard (mettant ses lunettes).

Çà voyons !...

Vous savez l'arabe ?

RENARD

Nullement.

RAYMOND

Vous ne le savez pas ?

RENARD

Du tout.

RAYMOND

C'est étonnant.

D'après cela , Monsieur, vous ne sauriez les lire-, Mais, si vous le voulez , je vais vous les traduire.

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