ACTE II, SCÈNE XII
SAINT-LEGER
Ah ! d'un père chéri respectez la mémoire , Et n'imaginez pas , pour me ravir mon bien , Le roman le plus faux...
RENARD
Nous n'imaginons rien.
FEORIDOR.
N'interrompez donc pas à votre tour; silence !
RAYMOND
Et je pourrais souffrir une pareille offense ! Barbare ! non content de repousser ta sœur , Par d'indignes soupçons , tu me perces le cœur. Oses-tu bien penser que doublement faussaire, J'usurpe les doux noms et d'époux et de frère ? Apprends donc , homme injuste, à me connaître mieux Tu parles de tes biens ! ils me sont odieux. Garde ce vil métal qui te dessèche l'ame ; C'est un plus doux trésor que de toi je réclame. Tel est mon seul mobile : un tendre dévoûment. Si je t'appelle ici, ce n'est, j'en fais serment, Que pour te rapprocher d'une femme accomplie , Et pour qu'un nœud sacré l'un à l'autre vous lie. Oui , c'est l'unique but où tend mon amitié ; Reçois-la dans tes bras , et je suis bien payé.
SAINT-LÉGER (à Floiidoi).
Eh bien , qu'en dites-vous ?
7o LES PLAIDEURS SAKS PROCES.
1 î.onmoiîs
Voilà de grandes plirases !
Mais à vos droits, Monsieur, il faudrait d'autres bases. Que nous importe à nous que Ion nous aime ou non ? Etes-vous notre sœur : telle est la question. Nous vous prenons ici vous-même pour arbitre ; C'est vous donner le droit que vous donner le titre : Une fois reconnu vous êtes notre égal.
Laissons donc , s'il vous plaît , le ton sentimental ; Il est fort déplacé quand il s'agit d'affaire.
Je pense là-dessus ainsi que mon confrère. Etablissons nos droits -, qu'ils soient d'abord prouvés. Et vous vous aimerez après, si vous pouvez.
Le Code dans l'espèce en termes clairs s'eîlprime.
Vous voulez partager : êtes-vous légitime ?
Non, vous n'êtes au plus qu'un enfant naturel.
Or , le titre vingt-deux sur ce point est formel.
Ce sont des alimens que la loi vous accorde ;
Et, pour montrer combien nous aimons la concorde .
Nous ne refusons pas de vous eu octroyer.
Il F. N A RI).
Vraiment.
RAYMOND
Ah ! puis-je ainsi me voir humilier !
L'ai-je bien entendu ? C'est le pain dé l'aumône