‹ Les plaideurs sans procèsChapitre 46 sur 69 · ACTE n, SCÈNE XII · texte numérisé non relu

ACTE n, SCÈNE XII

Qu'avec un froid dédain votre pitié me donne.

( Us se lèvent. )

Puisqu'il en est ainsi , rompons cet entretien , Allons aux tribunaux; je n'écoute plus rien. Ce n'est pas le moyen d'avoir justice prompte , Je le sais , mais du moins je publirai ta honte. Je plaiderai vingt ans plutôt que de céder.

TLORIDOR.

Al) ! ce n'est pas cela qui peut m'intimider.

RENARD

Vous aimez, on le sait, les longues procédures.

FEORIDOR.

Tout beau, maître Renard , supprimez les injures. Attendez que du moins nous soyons au Palais.

RAYMOND ( à part ).

Fort bien ! cela s'échauffe. Ah ! comme je rirais , Si nous venions à bout de les mettre en colère.

Aussi n'abusez pas de votre ministère.

Pourquoi souffler le feu ? Pouvez-vous oublier Que nous sommes ici pour nous concilier?

feoridor Je prends la bonne foi pour ma seule boussole.

RAYMOND

Vous vous égarez.

TLOREDOR.

Paix! Messieurs, j'ai la parole.

Oui, c'est la probité qui parle par ma voix.

Je m'en rapporte à vous •, si vous suiviez ses lois , Vous seriez-vous chargé d'une cause semblable ? Car vous savez fort bien qu'elle n'est pas gagnable. Mais qu'importe ? Pour vous c'est un procès de plus , Et je vous tiens ici des discours superflus.

RAYMOND

N'insultez pas monsieur, il a ma confiance.

SAINT-EEGER.

Une fait que répondre à votre impertinence.

RENARD

M'osez-vous bien tenir ces propos outrageans ? Songez qu'hier encor vous étiez sur les bancs. Vraiment, il vous sied bien d'avoir ce ton superbe , Praticien d'un jour , jurisconsulte imberbe !

Je ne suis pas venu pour m1 entendre insulter.

Messieurs , de grâce !

Ici , je ne puis plus rester.

SAINT-IiÉGER.

Sortons.

ÏXORIDOR.

En fait d'honneur je suis très-susceptible.

renard ( à Raymond ).

Pour vous concilier, j'ai fait tout mon possible.

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