SCENE PREMIERE
RENARD, FLORIDOR
RENARD
Quoi ! vous ne savez rien ?
Rien, je vous le répète.
RENARD
Je ne puis le cacher, ce combat m'inquiète. C'est votre faute aussi.
FLOKIDOR.
Comment l'entendez-vous ?
RENARD
Vous avez beaucoup trop échauffé leur courroux,
8o LES PLAIDEURS SANS PROCÈS.
Et si l'un des deux meurt... pour plaider il faut vivre.
Du moins sur le terrain vous auriez dû les suivre.
Moi , bon Dieu ! prendre part à ces débats cruels ! J'arrange les procès , et non pas les duels.
RENARD
Oui , vous les arrangez d'une étrange manière.
Je vous cède le pas sur ce point, mon confrère. Si j'ai jamais moi-même un procès par malheur , Je ne vous prendrai point pour conciliateur. Vous avez un talent que nul ne vous conteste ; Vous auriez fait plaider Pylade avec Oreste.
Vous les auriez fait battre. Oli ciel ! est-il besoin , Confrère , de pousser les choses aussi loin ? Ah ! faisons bien plutôt , gens de loi que nous sommes , Couler cà grands flots l'encre et non le sang des hommes.
Que diable voulez-vous ? ils allaient en finir -, Et j'ai vu mon client tout prêt de s'attendrir. J'ai senti le péril.
RENARD
Je l'ai senti de même -, Oui , mais s'ils ont porté leur fureur à l'extrême i'