‹ Les plaideurs sans procèsChapitre 51 sur 69 · ACTE III, SCENE PREMIÈRE. Si · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE PREMIÈRE. Si

Cela serait fâcheux, d'accord : mais sûrement Un duel vaut encor mieux qu'un arrangement.

Si l'un d'eux est tué , plus de pi'ocès, vous dis-je.

Et pourquoi donc ? l'affaire est toujours en litige.

Les procès aux plaideurs survivent très-long-temps ,

Et vont du bisaïeul jusqu'aux petits-enfans.

Du combat d'aujourd'hui quelle que soit la suite ,

Je dis que le procès en rien ne périclite -,

La question d'Etat reste dans son entier , ^

Et le client défunt aurait un héritier \

Le vôtre laisserait une veuve , et je gage

Qu'il doit avoir aussi quelqu'enfant en bas Age ;

Alors vous stipulez pour les droits du mineur ,

Vous lui faites nommer un subrogé tuteur \

Que de formalités deviennent nécessaires !

Et ce sont là pour nous les meilleures affaires.

RENARD

En effet.

Mon client est garçon , j'en conviens , Mais ses collatéraux voudront avoir ses biens \ Et ceux-là plus que lui ne seront pas traitables j Ils ne seront pas gens à se payer de fables Qu'on viendra leur conter au nom de 1 Alcoran.

Ne renonçons donc pas à notre premier plan. Je redoute fort peu le combat qui s'engage , Il ne peut nous porter le plus léger dommage. Pour nous , je n'y vois pas un sérieux danger , Et l'affaire s'embrouille au lieu de s'arranger.

Quel sang-froid ! quel aplomb

C'est l'amour qui m'inspire , Et lui seul en ce jour...

RENARD

Allons , vous voulez rire.

Oui , vous dis-je , l'amour ; n'en soyez pas surpris \ Je sais que du procès votre fille est le prix ; Et si je fais ici preuve d'un peu d'adresse , Voyez-y seulement l'excès de ma tendresse.

RENARD

Mais c'est elle qui vient.

FEORIDOR.

Je m'en étais douté ; Je sentais mon coeur battre.

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