SCÈNE IL
JENNY, RENARD, FLORTDOR.
Ah ! quel air agité !
Que voulez-vous , Jenny ?
JENNY
Nos craintes sont mortelles ; De ce fâcheux combat savez-vous des nouvelles ? Ces transports furieux et cet air menaçant, Ces cris affreux de mort ont glacé tout mon sang. Ma mère , d'épouvante et de douleur saisie , S'est, depuis ce moment, dix fois évanouie.
RENARD
La pauvre femme ! elle a les nerfs si délicats : J'y vole.
JENNY
Pour l'instant, ne la dérangez pas 5 Je crois qu'elle est un peu calmée , elle repose.
Oh! s'il en est ainsi , ce sera peu de chose.
JENNY
Mais comment, dites-moi, s'est passé le combat? J'en venais , près de vous , savoir le résultat.
Vraiment, je suis surpris de votre impertinence ; Ces choses ne sont point de votre compétence.
JENNY
Mon père....
TLORIDOR.
Parlez-lui plus doucement ; c'est moi Qui cause , j'en suis sûr, le trouble où je vous voi .
JENNY
Comment ?
Vous m'avez cru compromis dans l'affaire 5 Calmez-vous : elle m'est tout-à-fait étrangère -, Mais ce moment d'effroi ne m'en est pas moins doux. Vous n'imaginez pas ce que je fais pour vous ; Ce que la passion m'inspire est incroyable , Et monsieur vous dira que je suis admirable. Oui , j'ai fait aujourd'hui des prodiges d'amour ^ Notre hymen seul m'occupe et la nuit et le jour. Rien n'en peut désormais distraire ma pensée.
(A Renard.)
Que l'instance par nous soudain soil commencée ; Multiplions la grosse, entassons les dossiers , Et mettons en campagne un bataillon d'huissiers; Que les sommations d'heure en heure circulent ; Que les procès-verbaux , que les actes pullulent. Et dans f*a» is enfin , p;ir nos soins exploré , Épuisons, s'il le faut, tout le papier timbré.