ACTE IU, SCÈNE V. .,r
MADAME RENARD
Moi , je soutiens....
renard ( bas à sa femme eu la menaçant).
Encor ! voulez-vous bien vous taire?
( Haut à Raymond. )
Ce que dit là ma femme annonce sa candeur -, Vous y reconnaissez le premier cri du cœur. Tout comme elle d'abord je l'ai pensé moi-même ; Car notre humanité , voyez-vous , est extrême. Mais de la cause ici voyons quel est l'objet \ Votre abandon , Monsieur , serait de nul effet , Car la succession vient de votre beau-père , Vous n'en êtes au fond que le dépositaire. Vous avez des enfans.
• RAYMOND
Oui , sans doute , beaucoup , Et vraisemblablement ce n'est pas encor tout , Car ma postérité promet d'être nombreuse.
RENARD
Votre devoir alors est de la rendie heureuse.
A. leur instruction vous devez subvenir ;
Et puis quand ils sont grands il faut les établir.
Voyez, voyez d'ici vos enfans en bas âge ,
Auront-ils un procès pour unique héritage ?
Un procès qui pourrait devenir éternel !
Non , vous obéirez à l'amour paternel ,
Et , suivant un débat dont la source est si pure .
Vous ne serez point sourd au cri de la nature. Et s'il fallait encore....
RAYMOND
Ah ! Monsieur , c'est assez :
Je cède à des conseils si désintéressés.
( A sa femme. )
Vous êtes convaincu : tu l'es aussi , ma chère ?
MADAME RENARD
Moi , je ne dis plus mot.
RENARD
Pourtant votre beau-frère Vous a donné la vie , et le cas échéant , Par réciprocité vous en ferez autant :
Jamais d'ingratitude !
RAYMOND
Ah ! jamais. Je vous quitte Pour m'écrire chez lui , sauf à plaider ensuite. De Thénaïs , d'ailleurs*, vous devinez l'ennui : Je ne l'ai pas encore embrassée aujourd'hui.
RENARD
Je ne m'étonne point de votre impatience : De l'amour conjugal je connais la puissance.
MADAME RENARD
En elfe t.