‹ Les plaideurs sans procèsChapitre 59 sur 69 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

Madame RENARD , RENARD , JENNY.

MADAME RENARD

A de pareils moyens pouvez-vous bien descendre , Et vous conduire ainsi pour avoir un tel gendre ?

RENARD

Paix, madame Renard.

MADAME RENARD

Et moi je veux parler :

Vous n'avez qu'une fille et voulez l'immoler ; Vous pérorez si bien pour les enfans d'un autre , Et vous êtes , Monsieur , sans pitié pour le vôtre. Avec ce Floridor vous ferez son malheur.

RENARD

Est-ce vous que j'entends?

MADAME RENARD

Oui , c'est un mauvais cœur ; Son amour prétendu n'est que de l'avarice ,

Et ne vous flattez pas que je vous obéisse ;

Femme , je fus toujours soumise à mon époux ,

Mais j'ai , comme sa mère , autant de droits que vous.

RENARD

Voilà décidément une révolte ouverte *, Tant d'audace par moi ne sera pas soufferte. J'ai , comme il convenait, prononcé sur son soi i Et tous mes jugemens sont en dernier ressort.

Eh bien , moi , j'en appelle.

RENARD

Encore un coup, silence !

C'en est trop à la fin, et je perds patience.

JENNV.

Vous me voyez soumise à votre volonté , Et j'ai bien du chagrin de vous voir irrité. Oui, j'aime mieux subir le sort le plus contraire , Que de coûter jamais une larme «à ma mère.

RENARD

Je te reconnais bien : quel air aimable et doux! Cet enfant a vingt fois plus de raison que vous. C'est assez : laissez-moi , le travail me réclame. Soyez à l'avenir plus prudente , ma femme ; Et si vous réprimez ces transports indiscrets , 3e pourrai quelque jour faire avec vous ma paix.

( Marttrai Renard i i <;i lillf sortent.)

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