RENARD , SAINT-LEGER
SAINT-LÉGER
Vous êtes , à coup sûr , étonné de me voir \ Mais lorsque vous saurez l'objet de ma visite...
RENARD
Je suis pressé., Monsieur, expliquez- vous bien vite.
SAINT-LÉGER
Eh bien , à tous vos droits je suis prêt à céder; Faut-il le dire enfin? je ne veux plus plaider.
RENARD
(A part.)
Que dites-vous? comment! ô contre-temps funeste !
Quoi ! vous accordez tout ?
SAINT-LÉGER
Oui.
renakd ( à pari ).
Ma fille me reste !
(Haut.)
Ainsi votre adversaire a reçu dans un jour La fortune et la vie.
SAINT-LÉGER
Il les doit à l'amour.
RENARD ( à pari).
Nous y 'voilà , l'amour!
SAINT-LÉGER
Ecoutez , je vous prie , J'aime, depuis six mois, avec idolâtrie.
RENARD ( à part. )
Plus de gendre !
SAINT-LÉGER
Ah ! Monsieur, quel étaitmon tourment ! J'ignorais jusqu'au nom de cet objet charmant. Et quand, dans les transports d'une aveugle furie , Aux hasards d'un combat j'allais livrer ma vie, Votre fille , Monsieur, apparaît à mes yeux. Ne vous étonnez pas si je suis généreux : Le cœur préoccupé de celle qui m'est chère, Ah ! pouvais-je immoler le client de son père ?