‹ Les plaideurs sans procèsChapitre 60 sur 69 · RENARD , SAINT-LEGER · texte numérisé non relu

RENARD , SAINT-LEGER

SAINT-LÉGER

Vous êtes , à coup sûr , étonné de me voir \ Mais lorsque vous saurez l'objet de ma visite...

RENARD

Je suis pressé., Monsieur, expliquez- vous bien vite.

SAINT-LÉGER

Eh bien , à tous vos droits je suis prêt à céder; Faut-il le dire enfin? je ne veux plus plaider.

RENARD

(A part.)

Que dites-vous? comment! ô contre-temps funeste !

Quoi ! vous accordez tout ?

SAINT-LÉGER

Oui.

renakd ( à pari ).

Ma fille me reste !

(Haut.)

Ainsi votre adversaire a reçu dans un jour La fortune et la vie.

SAINT-LÉGER

Il les doit à l'amour.

RENARD ( à pari).

Nous y 'voilà , l'amour!

SAINT-LÉGER

Ecoutez , je vous prie , J'aime, depuis six mois, avec idolâtrie.

RENARD ( à part. )

Plus de gendre !

SAINT-LÉGER

Ah ! Monsieur, quel étaitmon tourment ! J'ignorais jusqu'au nom de cet objet charmant. Et quand, dans les transports d'une aveugle furie , Aux hasards d'un combat j'allais livrer ma vie, Votre fille , Monsieur, apparaît à mes yeux. Ne vous étonnez pas si je suis généreux : Le cœur préoccupé de celle qui m'est chère, Ah ! pouvais-je immoler le client de son père ?

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