A) CAS EXTRÈMES, OÙ LE PRONOSTIC EST AISÉ
1° Atteinte périlonéale.
Le péritoine est souvent intéressé, dans 36 % des cas, d’après M. Louis Courty (de Lille). Le pronostic des lésions péritonéales est celui de toute perforation
intestinale; aggravé en raison du niveau très inférieur de cette perforation sur le tractus digestif et par conséquent l’extrême septicité de l'intestin à ce niveau. Si l’on n'intervient pas, ou si l’on intervient trop tard, à la phase de péritonite constituée, la mort est à peu près certaine. M. Quénu évalue à 82% les chances de mort en cas de non intervention. Par contre, si l’on intervient à temps, par laparotomie, la mortalité tombe à 33,3 %.
A lä gravité autonome des lésions. péritonéales il faut ajouter la possibilité d’une complication que nous avons relevée deux fois dans les observations dépouillées; c’est la hernie d’une anse grêle au travers de la brèche rectale. Dans un cas de Fédinec le blessé présentait une anse intestinale qui faisait saillie par l’anus. Notons enfin la possibilité d’une hé-
morragie interne grave, par déchirure d’une branche hémorroïdale,
2° Lésions muqueuses banales.
Elles sont au contraire dépourvues de toute gravité. La muqueuse intestinale possède la faculté de se réparer spontanément malgré la septicité du milieu. Ce n'est que dans les cas où la muqueuse se trouve arrachée en un lambeau plus ou moins largement pédiculisé que l’on devra craindre le sphacèle du lambeau mal vascularisé. En outre, ces lésions
peuvent être à l'origine d’un rétrécissement cicatriciel.