‹ Les Plaies Du Rectum Par Projectiles De GuerreChapitre 11 sur 16 · MR ENS · texte numérisé non relu

MR ENS

Nous mettons alors en place une sonde à demeure et nous prescrivons de l’urotropine. Nous n'intervenons encore pas, à cause de l’asepsie apparente des lésions et de l'écoulement postérieur des urines quine viennent pas souiller le foyer de fracture pubien. Nous faisons une demande d'évacualion sur un centre spécial d'urologie.

Le 16. des matières sont mêlées à l'urine qui s’est écoulée par la plaie postérieure en très faible abondance d’ailleurs.

En raison de la communication maintenant évidente avec le rectum, nous instituons des lavages vésicaux quotidiens avec une solution d'oxycvanure de mercure. De plus, nous débridons Porifice d'entrée du projectile par lequel s'est établie la fistule stercoraleet un gros tube de caoutchouc est mis en place à travers la plaie, mettant en communication la plaie rectale avec l'extérieur. La sonde à demeure a dérivé la plus forte partie des urines.

L'évolution est absolument satisfaisante et apyrélique, bien que les matières fécales soient venues souiller constamment la plaie. Les urines sont restées claires.

Lorsque l'autorisation d’évacuer nous arrive, le 24 juin seulement, la plaie antérieure est presque fermée et le blessé est apyrétique. [n'y à jamais eu de phénomènes inflammatoires locaux graves, ni de poussée dans le celluleux pulvien.

OBseRvVATION [II (Docteur Chauvin) F. C., 26 ans, entre à l’ambulance 1/66 le 3 octobre 1914 pour plaie de la fesse par balle.

À son entrée, nous constatons que le projectile a

pénétré dans la fesse gauche à sa partie haute et postérieure, à deux travers de doigt environ en dehors de l’épine iliaque postéro-supérieure. Ïl estressorti à travers la fesse droite, vers l'extrémité du pli fessier. L'orifice d'entrée est punctiforme. L’orifice de sortie est au contraire éclaté et présente les dimensions d’une pièce de 5 francs.

Les ordres abstentionnistes reçus et le défaut de matériel nous contraignent à une expeclative absolue. Pansement sec après simple cautérisation à la teinture d'iode. La plaie pouvant avoir intéressé l'abdomen, le blessé est déclaré intransportable. Aucune réaction péritonéale. Pas de vomissements. La température ne s'est jamais élevée au-dessus de 38°.

Le 6 octobre, nous sommes obligés de changer le pansement souillé par un suintement abondant. Nous constatons alors une fistule stercorale qui a donné d’ailleurs peu de matières. Les lèvres de la plaie sont souples ; aucun empâtement, aucun phénomène phlegmoneux.

Pansements quotidiens par la suite. Evolution assez régulière sans que jamais des phénomènes inflammatoires se soient manifestés sur les lèvres de la plaie, pas plus que dans le tissu celluleux profond du bassin et de la fosse iliaque. À peine a-t on observé pendant deux jours une dysurie légère qui n’a jamais cependant obligé à sonder le blessé.

Le 15 octobre, le blessé est évacué avec une fistule stercorale persistante. Sa plaie bourgeonne et a bon aspect.

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