OBSERVATION V
(Personnelle. Ambulance 14/2 à Meaux)
Henri L..., vingt-sept ans, sous-officier au 3° bis régiment de zouaves. Blessé dans la nuit du 5 au 6 juin 1918 à Glène.
Entré le 7 à l'ambulance 14/2 à Meaux pour plaie de la région sacrée par éclat d'obus, après avoir passé près de vingt-quatre heures dans une ambulance où seulement un nettoyage sommaire avait été pratiqué.
L'orifice d'entrée du projectile se trouve à gauche et au niveau du sommet du sacrum. La plaie exhale une odeur fétide et laisse écouler un liquide louche mélangé à des matières fécales ; des gaz s’échappent également de la plaie dont les bords ont mauvais aspect.
L'opération est pratiquée quelques instants après l’arrivée du blessé. On peut constater que le projectile a fracturé le sommet du sacrum.
Les bords de la plaié sont excisés et le foyer de fracture nettoyé. Plusieurs esquilles sont enlevées ; la plaie est rendue aussi nette que possible. Le doigt passe facilement et pénètre dans le rectum. La plaie est nettoyée à l’éther et pansée à plat. Le blessé est placé sur son lit dans le décubitus latéral.
Le pansement est fait tous les jours ; il est plus ou moins souillé. Le trajet est nettoyé avec de l’eau oxygénée dédoublée et comblé avec une mèche imbibée d’éther iodoformé.
Le blessé est constipé avec de l'opium.