HISTORIQUE
Les plaies du rectum par projectiles de guerre ne sont pas rares quoiqu'elles aient été peu étudiées.
Le document le plus important que nous possédions est dû à Otis ; Histoire médicale et chirurgicale de la guerre de Sécession. La description d'Otis porte sur cent trois cas.
Un article de Sanitats Bericht (guerre de 1870-71) comprend trente-un cas.
Larrey cite deux cas, l’un observé pendant les j Journées de juillet, l’autre au siège d'Anvers.
On peut y ajouter : dix-huit cas simplement mentionnés dans la Sfatistigne médico-chirurgicale de la guerre d'Italie (Chenu 1869) : vingt-neuf cas simplement mentionnés dans le rapport du Conseil de Santé des armées pendant la guerre d'Orient (Chenu 1865); trois cas observés à Kelung dans la campagne de Formose. (Thèse de Montpellier, Barthélemy 1887); trois cas de M. le Professeur Nimier du Val-de-Grâce (campagne du Tonkin) cités par Quenu. {Revue de chirurgie, mai 1900).
Les médecins anglais et surtout William Mac-Cornac nous ont donné des observations très intéressantes de plaies du rectum pendantla guerre du Transvaal (1900).
Pire On cite plusieurs cas de plaies du rectum par éclats d'obus pendant la guerre russo-japonaise (1904-1905). Les Bulletins et Mémoires de la Société de chirurgie
relatent quelques cas de plaies du rectum observés pen- :
dant la guerre des Balkans (1913). Aucune statistique d'ensemble n'a été faite pour la guerre 1914-1918, au sujet des blessures du rectum. On peut dire qu'elles ont été nombreuses.
M. Couteaud rapporte seize cas (Bulletins et Mémoires de la Société de chirurgie, 21 mars 1916) pour lesquels il n’a jamais envisagé l'opportunité d'un anus artificiel.
M. Auvray a-observé quatre cas qui ont guéri spontanément. MM. Mocquot et Fey rapportent trente cas. (Bulletins et Mémoires de la Société de chirurgie, 6 février 1918) pour le traitement desquels ils ont employé l’anus iliaque artificiel de dérivation. Il existe de nombreux cas épars dans la littérature médicale de la grande guerre. Îl nous est impossible de les rassembler ici. Nous signalerons aussi vingt cas de plaies vésico rectales signalées par M. F. Legueu. (Séance de la Société de chirurgie du 13 février 1918). M. Legueu confirme la curabilité spontanée des fistules vésico-rectales.
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SYMPTOMATOLOGIE
Les symptômes sont variables suivant les dégats faits par les projectiles.
La douleur n'a évidemment rien de caractéristique.
Un des premiers symptômes est l'hémorragie : l’écoulement peut se faire à la fois par les plaies cutanées et par l’anus. L’hémorragie peut être considérable ; mais, comme dans les plaies du rectum sous-péritonéal, le sang s'écoule par lPanus, elle est facile à reconnaître.
Souvent, on peut voir sortir par la plaie culanée des matières fécales et des gaz.
Lorsque plusieurs organes sont simullanément atteints, les matières fécales peuvent s’écouler par l’urètre ; inversement l’urine peut passer par le rectum et être émise par l'anus.
Les plaies examinées au bout de peu de jours, se présentent en général, avec un mauvais aspect : le trajet incessamment inoculé en raison de la communication intestinale ne tarde pas en effet à devenir le siège d’une inflammation suppurative et gangreneuse.
Les complications infectieuses sont bien fréquentes et c'est du côté du tissu cellulaire qu'évoluent les
accidents.
On peut observer les Symptômes de la gangrène gazeuse et de l’emphysème dû au développement de gaz in situ.
Les bords des plaies cutanées sont mâchés, tuméfiés, d'aspect sphacélique, les plaies exhalent une odeur très fétide et livrent passage à de la sérosité louche et à du pus plus ou moins mélangé de matières fécales, parfois à des gaz et à de l'urine.