‹ Les Plaines d'Abraham, endroit historique à conserver ... [microforme]Chapitre 10 sur 16 · SECONDE BATAILLE DES PLAINES D · texte numérisé non relu

SECONDE BATAILLE DES PLAINES D

ABRAHAM, | 28 AvRIz 1760. .

Cette seconde bataille des Plaines d que les Français la désignent, ou de Sil Anglais, et connue chez nous sous le nom de Sainte-Foye, fut la dernière victoire des Français en Canada. Elle fut livrée le 28 avril 1760 dans les mêr:s plaines où huit

‘Abraham, ainsi lery, suivant les

Les détails de ce combat mémorable,

Par i5s principaux acteurs de part et d'autre, ne peuvent guère différer, si ce n’est dans la couleur que l’amour Propre national y met naturellement.

Nous allons essayer de les combiner, de mani relier de chaque côté, pour en for

un ensemble complet de concorda

Dans notre Précédente conférence nous avons suivi

* Vaudreuil retraitant la nuit, en grand silence, vers J acques- Cartier, après avoir, suivant son ordre, laissé son camp

“out tendu pour dissimuler sa fuite, et mis, Pour la montre, une garde de 60 hommes au pont de bateaux.

Il avait abandonné la plus grande partie de ses équipages et dix jours de vivres, alors des plus indispensables dans la disette générale. Québec était laissé à lui-même.

Les débris de l’armée marchaient en une seule colonne, à

laquelle Malartic, qui en était, veut donner un semblant d'ordre, maïs danse 1’.©

7” 888 iélärement général, nous croyons que

ayant été donnés

ère à les mer l#suite et arriver à nce réciproque,

Johnstone et les autres narrateurs n’exagèrent pas en disant que les soldats étaient mêlés, éparpillés, dispersés et plusieurs enivrés, tous courant aussi vite qu'ils pouvaient, comme si les Anglais étaient sur leurs talons. |

Les milices désertaient en grand nombre pour retourner à leurs foyers et faire leurs récoltes, paraissant s'inquièter peu désormais d’un changement de maître. La faim et le besoin en entraînaient plusieurs au pillage dans les campagnes.

Vaudreuil avait eu soin dans l'après-midi d'envoyer un exprès à Lévis, à Montréal, lui demandant de descendre

en toute hâte le rencontrer à Jacques-Cartier. C'était l'homme de la circonstance.

Montcalm se voyant près d’expirer, comptait sur lui lorsqu'il avait dit: “Je meurs content, car je laisse les affaires “du Roi, mon maître, entre bonnes mai

‘une haute opinion de M. de Lévis”

En effet Lévis arrivait à l’armée le 17. Le nombre de fayards qu’il avait rencontrés et arrêtés sur son chemin l'avait préparé au désordre qu'il y trouverait. ‘“ Je ne con- “nais pas d'exemple pareil,” écrit-il. On avait généralement tout abandonné au camp de Beauport, tentes, marmites et tous les “équipages.” Cependant, quoique manquant de tout, la condition de l’armée ne le découragea pas dès qu’il sut que Québec n'était pas pris. Il blâma hautement la retraite. “ On n'abandonne pas,” dit-il, “dix “lieues de pays pour une bataille perdue. Il faut, sur l'heure, marcher en avant, secourir Québec, et tout ha- ‘ zarder pour en empêcher la prise, ou le détruire de fond ‘en comble pour que l'ennemi n’y puisse passer l'hiver. Il ‘ant ranimer le courage de tout le monde et empêcher ‘“ l’évasion entière des Canadiens et des Sauvages.”

Sa seule présence rétablit l’ordre. Son allure tout à fait militaire et son ton assuré remirent en vigueur la routine du commandement et firent revenir en même temps les tronpes de leur panique insensée.

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Éouge. Des ‘Ourriers furent dépêchés au Commandant de la ville pour ] Qu'on lui lY1yait des vivres Par la cavalerie de Roche- Deanconrt. /l4 effet 114 Sacs de biscuit Y ParVinrent en

Nous n'avons Pas à débattre joi la conduite de Ramezay et des Citoyens de la ville. I] semble difficile de la condamner après celle de Vaudreuil, qui avait remis d'avance les articles de Capitulation à Ramezay, et, en fuyant, aVait

rivière J aCques-Cartier.

Vis y fit Commencer un fort et Y laissa une Sarnison sous Bourlamaque. Les Canadiens letournèrent à leurs

il Description imparfaite de la iisère du Canada, Adresse de l’évêque dt !'ébee, à Montréal, 5 novembre 1759.

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prêts à retourner au combat avec le cour

age du Spartiate et l’opiniâtreté du Vendéen.

Lévis leur rend cet hommage, point diminué leur Courage ni leur zèle.

“ vous laisser ignorer,” écrivait-il à ] (le 10 novembre 1759) “ que dans “ fortune personne ne s’est plaint de son sort

Quant à lui, comme capi froid, pénétrant et rassis, i d'œil juste et sûr sa situa ler octobre il écrivait : « Si le roi ne jug “ donner du SeCOurs, je dois vous “ plus compter sur nous à la fin d “ serons obligés de nous rendre par “tout, il nous reste du courage, “ pour le mettre en usage.”

taine, homme d’6 l'avait déjà envisagé

sans aucune ressource

“ Il ne tiendra pas à moi, a

joutait-il plu “ le défendions (le Canada) Jusqu'à la der “ mais, si vous ne faites la paix d'ici au “€ faut plus Compter sur nous.”

Son plan était arrêté. C’était simplement d'inv Québec au printemps, d'empêcher Murr cher au dehors et d'attendre les secou hommes, vivres et matériel de guerre s siége en règle. Ses Préparatifs comm Paraïssaient insensés et étaient tins comme “ Ja folie de Lévis.” de s’en OCCuper tout l'hiver avec toute son activité, son talent militaire et les ressources d'invention que requérait son dénûment.

En effet, la Coloni vivres, mais même Camper les troupes.

parvint à ramasser de Pour mettre son armée

S tard, que nous nière extrémité, printemps, il ne

estir ay de s’y retran-

encés dans ce but désignés par les ignoran- Ce qui ne l’em pêcha pas

e épuisée manquait non du nécessaire Pour éq Ce fut avec une peine tous bords et côtés 1 en marche, tant par

seulement de uiper et faire infinie qu'il indispensable eau que pa

que les malheurs n'avaient “Je ne dois pas a suite au ministre, tous ces revers de

tat, d’un esprit agé d’un coup tion et celle de la colonie, Le ge pas devoir nous Prévenir qu'il ne faut u mois de mai. Nous misère ; Manquant de

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terre, à la débâcle des glaces, et il assura au soldat qu'il ne pouvait lui garantir que le pain.

Cependant, avec toute l'énergie de son courage, il n'imaginait pas dans son flegme imperturbable, qu'une poignée d'hommes réduite à la dernière extrémité pouvait arrêter une destinée inévitable, lorsqu'elle se verrait encerclée par trois armées dirigées sur elle. Le siége de Québec qu'il projetait et sa suite dépendaient uniquement d’un secours efficace d’outremer.

Aussi bon tacticien qu’il avec bon sens et raison que fortifier en dedans de Québe

était, il entrevoyait de même Murray devait se borner à se

c, et se retrancher au dehors Pour attendre, de son côté, soit des secours d'Angleterre,

soit la jonction d’Amherst.—Tous deux, comme hommes de guerre, saVaient l’inutilité d'une bataille qui anticiperait les secours attendus, persuadés que les vaisseaux, premiers arrivés, des forces rivales décideraient du sort de Québec. Car, sans secours, tout, pour Lévis, était inutile et perdu. Se berçant de cet espoir éventuel, il appela à lui du fort de la Présentation le capitaine Désandrouins, ingénieur en second sous Pontleroy, ingénieur en chef de la N ouvelle- France, et le choisit pour aïide-de-camp. Désandrouins était un officier de mérite, estimé de son chef, et devint plus tard maréchal de camp. (Cf. Vie de Désandrouins, par l'abbé Gabriel). Il eut la confidence de son général sur l'exécution de ses desseins et s'occupa spécialement de la question du siége de Québec.

Deux mémoires qu’il a rédigés probation du chevalier de Lévis.

parmi les manuscrits de ce dernier.

Désandrouins a tenu un Journal à l'armée, lequel, malheureusement pour nous, est interrompu, ‘“ le 18 septembre, à 9 heures du matin,” jour fatal de la première bataille des Piaines d'Abraham. Il n’a laissé aucune relation de celle du 28 avril, ni du siége de Québec qui la suivit. Cepen-

dant l’on sait qu’il revenait fréquemment sur ce sujet, et

à ce sujet reçurent l’ap- On les trouve imprimés

qu'il dut en causer souvent avec son général. Il fit un plan de cite bataille et de la pose du siége, qu'il lui adressa.

Voici ce qu'il en écrit au maréchal duc de Lévis. (CF. Collection des manuscrits du maréchal de Lévis. —:7 el Pièces Militaires, pp. 3840-41.)

“ À Sarrelouis, le 26 août 1778.

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