‹ Les Plaines d'Abraham, endroit historique à conserver ... [microforme]Chapitre 16 sur 16 · LAN · texte numérisé non relu

LAN

Bull

DE SAINTE-Foyr,

érigé par la Société St-Je

an-Baptiste de Québec,

efforts que le courage et la force puissent déployer, furent mis en action. Le moulin fut pris et repris plusieurs fois ; tantôt par les Ecossais avec l'épée et la dague, tantôt par les Grenadiers à la baïonnette ; les uns entrant alternati. Vement par la porte et rejetant les autres par les fenêtres : tant qu’à la fin les Grenadiers furent réduits à 14 ->ar com- Pagnie et les E‘oxsais en même proportion, Les commandants arrétèrent ce duel à mort qui durait trop longtemps déjà, en ordonnant Ja retraite de part et d'autre. C'est ainsi, dit Johnstone, que le moulin demeura terrain neutre.

Toutefois cette retraite des Anglais à ce moment était devenue nécessaire, Leurs bataillons Commencçaient à Céder du terrain. Entre temps, Lévis S'apercevant de la Position toujours critique de sa gauche sur laquelle le feu à mitraille était recommencé, envoya de Ja Pause lui donner ordre de faire un demi-tour à droite, (on plutôt, CTOYons-nous, de se retirer en arrière pour aller occuper une éminence au niveau de celle des Anglais). Soit que cet ordre fut mal donné, ou mal rendu, il eût été évidemment funeste de lâcher pied Sur-le-champ. Le vieux Dalquier, toujours intrépide, quoique déjà blessé plusieurs fois, en recevant l’ordre se tourna vers ses soldats en leur criant avec un Coup d'œil juste et sûr : « Mes enfants, ce “ n'est pas le temps de se retirer quand on est à vingt pas “ des ennemis ; en avant! la baïonnette au bout du fusil ! “ Fonçons sur eux tête baissée : ça vaut mieux.” Dalquier qui les entraîne est atteint d’une autre balle qui lui traverse le côté, il n’en Continue pas moins de Commander ses braves, qui se ruent en masse serrée et Par un choc violent refoulent tout ce qui s’avance devant eux et s'emparent des canons.

Il faut dire que les Anglais avaient perdu la position aVantageuse de hauteur qu'ils occupaient.

Ils s'étaient Mépris au début, en Prenant pour un com- Mmencement de retraite le premi

leurs Caissons, pris de même, ne fournissaient plus de munitions.

Les bataillons de Berry, reprenant alors leur première tentative, et faisant une conversion à droite, suivis des troupes de la colonie qui joignaient La Sarre (mouvement que Lévis avait voulu), attinrent le même niveau que celui des Anglais et les chargèrent en flanc avec vigueur,

Le centre tenait bon et était assez en sûreté, adossé au bois. Cependant un ordre mal rendu Par un officier qui fut tué ensuite, fut cause que la brigade de la Reine sortit de la ligne au commencement de l’action et se retira à gauche, puis ne recevant pas d'ordre, elle demeura dans l'inaction jusqu'à la fin.

Heureusement que M. de Repentigny, avec son bataillon de réserve auprès, s'avança aussitôt Pour remplir le vide et rendit ainsi un service signalé. Le brave colonel Simon Réaume, son Commandant, y fut tué peu après.

De son côté Lévis, profitant de l'avantage d’être maitre des deux redoutes, se porta, à la faveur d'un ravin, avec le Royal-Roussilon Sous Poulariès, sur le flanc gauche du colonel Fraser, déjà affaibli, et, après avoir gagné la hauteur en le dépassant pour le prendre à revers, chargea à fond le Bragg et le culbutta à la baïonnette sur les Ecossais dans la déclivité du terrain.

Delaas, du régiment de Ja Reine, qui commandait le Corps des Canadiens qui y était attaché, n'ayant pas reçu, Où il était, le même ordre de $e retirer à joint à ce mouvement, et S milices qui

ec beaucoup Pour en assurer le succès.

nt mentionnés pour s'être distinasion par leur courage et leur adresse.

C’est en vain que Murray amena Sa réserve du Ot :

American au Secours dun Kennedy à , il était trop tard, Le dernier Mouvement de Lévis, qui Coopérait avec

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celui de son autre aile, allait le déb

la victoire en écrasant à la fois le sur leur centre,

Le colonel Fraser, Qui commandait de exposé en front et en flanc par les Canadiens, et se voyant sur Je Point d'ê donna l’ordre de reculer : “fall back.” grognard ÉCOSSsais. non accoutumé à lâcher pied, s'écria : “ Damn it, what is fuling back but reélrealing ? ” (1)

Dès lors Ja déroute devint générale sur to Une fuite Précipitée s’en Suivit ; les vaincus abandonnèrent tous leurs Canons, Munitions, outils, Morts, et une grande Partie de leurs blessés. Le désordre fut tel qu'aucun des Officiers ne Put rallier les soldats, dont plusieurs furent faits Prisonnier, Les 10) hommes laissés à la redoute sur le Champ de Courses, (celle indiquée Par Désandrouins et

Mentionnée dans Hawkins, P. 854) ne Paraïssent avoir aUCunement soutenu la retraite.

ordant et décidait de S deux ailes des ennemis

ce côté, se voyant au feu meurtrier dirigé du bois tre enveloppé, Sur quoi un vieux

ate la ligne,

(1) Suivant l'indication de Lévis sur SOn plan de la bataille, plutôt la déroute, commença à l'endroit indiqué par la lettre Q dans la fourche du chemin, c’est-à-dire, à peu près vers Je milieu du terrain des Mères Ursulines. Sur notre plan, l'endroit est indiqué Par une croix, + I» là la fuite s’étendit sur le Champ de Courses et jusqu’à la ville, entraînant avec ; !: redoute, Sur Marchmont, en Creusant, il

Y a une quinzaine d'années, fondations d’un mai près

de Ja lisne du Ch dans une fosse Commune des

les attribuer rai

1emin, on a trouvé, riel de guerre, M. W € Que ses voisins,

noire d'homme, n’a été travaillé qu’une fois. Lord Dal.

On se moqua, dans

e detenir l’endroit Stuert :

des débris d'objets et maté déterré en bâtiesant, de mêm Ce terrain, de mér

it, quoique son but n’était qu suivant est attribué à M. Andrew Some toil for glory,

Some for paltry groats,

Here Wolfe reaped glory

And Dalhousie oats,

Les Canadiens montrèrent en cette journée qu'ils étaient aussi capables et aussi solides en r

ase campagne que les meilleures troupes réglées.

Les corps de milices, attachés à chaque bataillon, s'efforcèrent partout, chacun de son côté, de mieux faire que les autres; particulièrement celui de la brigade de la Reine.

“ Les Canadiens des quatre brigades de la droite,” dit Malartic, p. 819, “ ceux qui étaient dans les intervalles ou ‘en avant des brigades, ont tiré longtemps et fort à propos. “ Ils ont fait beaucoup de mal aux Anglais.”

L'action avait été des plus chaudes pendant plus de deux heures. Le sang, dilué dans l'eau et dans la neige, qui coulait en s'étendant, donnait l'aspect d’une boucherie épouvantable. La défaite avait coûté aux Anglais 1,124 hommes de tous rangs, (Murray à Pit, 25 mai 1760) 283 tués, et 841 blessés, sans compter les prisonniers. Le reste se retira comme il put vers la ville, poursuivi, mais faiblement, par les vainqueurs, dont les bataillons, rudement maltraités par la mitraille, avaient été réduits et étaient tellement épuisés de fatigue qu'ils n'avaient plus la force “ d’enfoncer la baïonnette dans le dos des fuyards.” il aurait fallu, pour entrer dans la ville emporter, sous le canon, les Ouvrages avancés, Lévis fit faire halte avant d'y arriver. Toutefois, des trou Pu entrer pêle-mêle avec les fuyards dans les murs, même y pénétrer le jour suivant, dit Knox, avant que les soldats qui restaient de la garnison fussent revenus à eux-mêmes, tant ils étaient démoralisés et devenus iusouciants. Ils

noyaient leur abattement de cœur dans l'ivresse en défonçant les caves.

‘ Si la brigade de la Reine eût été à son poste,” dit Lévis, ‘on aurait envelop,. les ennemis par leur gauche et vrai- “semblablement on leur eût coupé la retraite : ce qui aurait ‘été décisif.”

Néanmoins, si l’on tient compte de l'isolement des Sau-

: : ; vages, de l’inaction de la brigade de la Reine au moment

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Lévis, t vraiaurait

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oreilles de ]

“victoire est due à la ‘des chefs des corps, ”

OPportun, de la cavalerie qui ne donna pas, détachements laissés à Ja Sarde des postes voit que Lévis gagna cette glorieuse Jou Combattants, au plus, (1)

Parmi lesquels on , qu'il n'avait que tr avec de la poudre n'étaient armés qu baïonnettes, Ajoutons, d'officiers et de

et des divers en arrière, on

rnée avec 5,607 Suivant les cadres s

‘Omptait des vieillards ois petites pièce

Cette victoire éclatante «

Lévis donne l'état des Pertes à 833 ho 640 blessés, dont 28 officiers tués et 68 ble Les bataillons de la S:

Berry et Jes deux de 1: À centre, furent les plus Maltraités.

Le même Soir l'armée o de Québec. Le siége de

d'y entrer Par la première brèch

On sait le reste. Le Pavillon anglais va, le Premier, aïrlver en rade Je 9 mai.

“ Un seul Vaisseau de ligne venant de France et Québec “était à nous Fe

e colère. a désespoir et de patrio-

Jésandrouins et de tous

se retirant: cri qui dut faire tinter les

a Pompadour.

(1) Nore, — Lévis dit n’avoir eu que 4

»000 hommes «< qui aient combattu ; Ja Valeur des troup

es et des Canadiens, et À

FPE

+: & conduite

nière amorce contre l’ennemi, reste presque seul à son bord | et ne baisse pas son Pavillon, à |’ ‘tonnement et à l’admiration des Anglais.

Rendons aussi hommage à Lévis qui refuse de capituler à Montréal sans les honneurs de la guerre, qui a la noble Précaution de brûler les drapeaux français pour se soustraire à l'humiliation de les rendre à l'ennemi, et ne met bas les armes que par soumission à l’ordre formel de Vaudreuil. (Ænox 11, p. 441. Lévis, Journal, p. 308).

En comparant aujourd'hui les deux batailles des Plaines d'Abraham, on voit que toutes deux ont été livrées à l’improviste et perdues, chacune, par le sénéral qui s’est lancé à l'attaque.

. Elles furent aussi suivies de défaites assez semblables pour dire qu'elles s’égalisent entre elles dans la précipitation de la fuite et dans les désordres qu'elles entraînèrent.

La première, à Proprement parler, ne fut qu'une suite d’escarmouches, Mais, ainsi Sagnée, elle a produit un résultat immense sur la destinée de l'Amérique du Nord. Parkman la range parmi les plus grandes batailles du

La seconde, fortement disputée, sanglante et héroïque, devint, quelque éclatante que fut la victoire, absolument inutile, si ce n’est de racheter la gloire et le Prestige des armes françaises et démontrer la valeur vraiement guerrière des Canadiens.

La première fut enlevée à la suite d'une série de chances improbables dont Wolfe fut singulièrement favorisé.

La seconde fut arrachée à la fortune de la guerre par Lévis, en passant au travers de difficultés nombreuses et des plus difficiles à surmonter,

Concluons :

Québec était tombé entraînant la perte du Canada.

Nous dirons, avec Lévis : “Il faut se Soumettre aux dé-

à son bord l'admira-

Capituler a la noble I Se souset ne met l de Vau-

s Plaines s à l’imest lancé

nblables récipitainèrent, 1e suite n résul- |, Nord.

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roiq ue, lument ige des guer-

hances

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x dé-

“ crets de la Providence. (Lettres, p. 306.) 11 semble que “ Dieu ait abandonné cette misérable colonie. (p. 809.) ” Johnstone (p. 45) laisse échapper le même soupir de tristesse : “ It would appear that Heaven had decreed that “ France should lose this colony."”

J'ajoute, pour ma part, que Dieu, qui s'institue le Dieu des armées et dont la Providence dispose à son gré des peuples, a voulu visiblement la séparation de cette colonie de la vieille France ; et que la ruine, la désolation et le sombre avenir, au lendemain de la conquête, ont fait place, aujourd'hui, à une ère de prospérité et à un régime de liberté, de concorde et d'union entre les deux races dont nous devons tous, tant vainqueurs que vaincus, rendre grâce à sa divine bonté.

Pour moi je suis fier et plus que jamais heurenx de mon allégéance à la couronne d’A ngleterre,

Le changement de dominetion est devenu un bienfait qui ne peut qu'augmenter par l'avenir qu'il fait présager.

Et de même que dans l’ancien monde le citoyen romain avait son égide et son Passeport dans tous les Pays connus en se réclamant de son titre : Crvis ROMANUS SUM, de même Je puis aussi parcourir librement le monde entier en me réclamant de mon titre: “I AM A BRITISH SUB, EOT, ”

En terminant, nous Croyons avoir démontré que le terrain des Mères Ursulines est bien le champet le pivot des deux batailles, et comme tel devrait être conservé pour dem \urer un monument stable à la gloire des deux races du Canada.

Nous devons exprimer nos remerciments aux Dames Religieuses de l'Hôtel-Dieu, aux Messieurs du Séminaire de Québec, aux Révérends Pères Jésuites, et à notre érudit bibliophile M. Philéas Gagnon, de leur obligeance à nus

Communiquer diverses cartes et anciens documents précieux.

NoTk. —Une carte de 10 pieds sur 8 pieds, compilée Pour celle élude, servait à

la démonstration. Les deux plans de bataille qui accompagnent chacune des conférences sont des réductions.

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