‹ Les Plaines d'Abraham, endroit historique à conserver ... [microforme]Chapitre 7 sur 16 · ER DR · texte numérisé non relu

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Neveu et la prison, qui s’approchait résolument, mais en mauvais ordre. Quand les premiers rangs furent rendus à belle portée, une quarantaine de verges environ, ils furent reçus par un feu simultané de toute la ligne, “ comme un coup de canon,” et si bien nourri qu'il fut des plus meurtriers ; tellement qu'au bout de 7 ou 8 minutes, quand la fumée se dissipa, on les vit dans une entière confusion. Les premiers rangs de la première colonne étaient criblés et abattus. Les Canadiens, ventre à terre, paraissaient augmenter le nombre des morts ; la panique s'empara des autres restés debout, qui tournèrent le dos et s’enfuirent, éparpillés, dans le plus grand désordre, quelques-uns vers la ville et la plus grande partie vers le pont de bateaux. Ils entrainèrent sur leur passage l'aile droite et le reste dans une fuite précipitée.

Wolfe, quoique blessé au poignet, qu'il avait enveloppé d’un mouchoir, profita de la confusion qu'il aperçut dans les bataillons en désarroi devant lui. Sür de l'effet de son premier feu il ordonna aussitôt, sans attendre que la fumée eut disparu, de charger à la baïonnette et s’élança au pas de course à la tête du Bragg et de ses grenadiers. Une

seconde balle l’atteiænit dans l’aine, sans pourtant l'arrêter. Parvenu quelques pas plus loin an haut de l'éminence (en face de la prison), il fut frappé d’une autre balle en pleine poitrine, qui le renversa blessé à mort. Les grenadiers

n’en continuèrent pas moins la charge avec ardeur en pour-

suivant les fuyards la baïonnette dans les reins.

Ses compagnons d'armes relevèrent aussitôt leur général à sa demande: “ Soutenez-moi, leur dit-il, pour que mes braves ne me voient pas tomber.” Ils le transportèrent dans leurs bras à 100 verges, maison en deça, dans le ravin au nord-ouest, à l'endroit même où est érigé son monument, où il implora de l’eau et d’être déposé à terre. On courut vite lui en chercher à un puits à cent pieds au nord, Il

est visible, quoique non utilisé, sur la ligne ouest de la

propriété Charlebois, autrefois appartenant au père de

M. Arch. Campbell.

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Nous empruntons au Dr. Fisher le des derniers moments et des hé

bref et admirable récit roiques paroles du guerrier mourant :

“ The charge still continued, when the office “ shoulder, as he

sat down for the purpo d leaned—exclaimine : They run! the ‘asked the gallant-Wolfe with some emotion. The officer “ replied :—The enemy, Sir ; they give Way everywhere ! * What! said he, do they run already ? Pray, one of you “go to Colonel Burton, and tell him to march Webb's “ regiment with all speed down to St.-Charles River, to “ cut off the retreat to the fugitives from the bridge —Now “ God be praised, I die happy!” So saying the youthfunl hero breathed his last.

… Such was the de Abraham at the early age

er—on whose se, the dying hero y run Who run ?

ath of Wolfe upon the P] of thirty-two years.” Wolfe fut retiré der

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Ainsi nous voyons que mière ligne, qui allait s'éloignant, et en avant de sa réserve du Webb, qui jusque-là n'avait p le devancer. Avec une présence d'esprit admirable, dernière lueur expirante Mais vivace de son brillant génie, il sut enc der à point, en gardant jusqu’à la fin la sûr d'œil de vrai capitaine,

Nous voyons égaleme

mort en face de la prison, au moment de dépasser la crête de l’éminence, dès le-début de l'action qui fut suivie presque aussitôt de la déroute des Français, laquelle, il n'eut cependant pas le temps de voir de ses propres yeux, Ce qui irait à établir que cette déroute et sa mort immédiate, (soonafter), on été simultanées, et constate la rapidité de la victoire par la fuite soudaine des Français, comme nous l’allons voir davantage.

Il n’est pas surprenant que Wolfe ait 6 sieurs fois. Sa haute taille, commander l’expo tireurs canadiens.

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ore la commaneté de son coup

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Nos contradicteurs prétendent que le choc des deux armées eut lieu sur le terrain actuellement compris entre la rue Claire-Fontaine et la rue Salaberry et leur prolongement par delà la Grande-Allée. Nous soutenons, à l’encontre, que le choc des deux armées eut lieu sur le terrain cor:pris entre la rue Salaberry et l’Avenue des Erables et leu: prolongement par delà la Grande-Allée.

Un point incontestable—incontesté d'ailleurs—est celui fixé par le monument de Wolfe. Partisans comme adversaires de notre thèse s'accordent à reconnaître que la colonne commémorative marque le site précis où mourut le héros : HERE DIED WOLFE VICTORIOUS.

Or nous soutenons qu'au moment même du choc, c’està-dire à l'instant où l’armée anglaise ouvrit le feu sur les Français, Wolfe se tenait, sinon à l'endroit même, du moins dans le voisinage immédiat du coin de terre qui allait boire son sang et le voir mourir.

À quelle distance se trouvait l’armée française quand les Anglais tirèrent avec un ensemble tel que leur mousqueterie résonna comme un coup de canon ?

À quarante verges.

Quand la fumée de cette terrible fusillade se fut un peu dissipée, Wolfe, d’un coup d’æil, en constata le foudroyant effet, tel qu’il l'avait prévu. Il l'exagéra même ; car les Canadiens, qui s'étaient couchés pour recharger, donblaient pour lui le nombre apparent des morts.

Cette illusion poussa probablement Wolfe à commander la charge à la baïonnette. Il n’attendit même pas que la fumée de la poudre se fut évanouie pour exécuter ce mouvement.

Lui-même s’élance à la tête de ses grenadiers.

Quel espace lui faut-il franchir pour atteindre les Français ?

Les quarante verges,—cent vingt pieds—qui séparaient les deux armées quand les Anglais tirèrent.

C'est en partant pour franchir cet espace que Wolfe

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touché au moment même où il arrive à la hauteur du mamelon, ‘ was Scarce a moment with me till he received his fatal Wound,” dit l'officier chargé de maintenir cette éminence, où sera construite plus tard la prison de Québec.

—" Soutenez-moi, dit Wolfe à deux grenadiers, il ne faut Pas que mes soldats me voient tomber.”

Cette vue ent démoralisé les ment même où ils avaient besoin de cet instant décisif où il l'arme blanche.

Wolfe est ramené

t il meurt peu après, précisément là où s'élève aujourd’hui son monument.

Calculez maintenant, comptez avec nous le nombre de pas qu’il faut marcher de la hauteur de la prison de Québec à la baisseur du monument, et vous retrouverez les cent vingt pieds—les quarante verges—qui Séparaient les deux armées quand les Anglais firent feu.

Une preuve bien sensible que Wolfe fu!

frappé avant que les Anglais eussent attei enfoncé leur ligne à la baionnette est ]a au cri de l'officier qui le soutenait dan

— Ls fuient ! Ils Juient !

© — Qui ? ” demanda Wolfe avec

— Les Français !

— Quoi ! Déja ?

Il ignorait donc jusque là le ré baionnette.

Personne ne croira,—et cela fait Partie de la thèse de nos contradicteurs,—que l'on ait transporté Wolfe agonisant Salaberry Jusqu'au site du monu-

(une première

lorsqu'il elle-là que e frappe avant que les ais à la baïonnette. Il est

Anglais dans le motout leur courage : à S allaient aborder les Français à

en arrière e

rrtellement les Français et reponse du héros S bras :

angoisse.

sultat de la charge à la

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mort, à plus de six arpents ? mais il serait expiré en chemin !

Tandis que de la butte de la prison au creux du terrain du monument de Wolfe la distance ne mesure point deux cents pieds. Elle ne dépasse guère les. quarante verges mentionnées par tous les historiens de l’époque. Et n’oublions pas que ce repli du terrain protégeait parfaitement l'illustre moribond contre les balles ennemies, très peu à craindre d’ailleurs, car les Français, en ce moment-là, étaient beaucoup plus occupés à courir qu’à tirer.

Partir de la hautenr de la prison et courir sus aux Français fut, pour les Anglais, au dire de leurs historiens, une affaire de six à huit minutes, au plus. Les Français n'attendirent pas la charge à la baïonnette et rompirent avant que les Anglais fussent arrivés à eux.

Remarquons encore qu’à l'instant où Wolfe agonisait,

l’arrière-garde de son armée n'avait as encore agi. Son | P ë

Premier mouvement fut celui que le Webb exécuta sur

l'ordre suprême de Wolfe, après lequel il s’écria : Dieu soit loué ! je meurs content !

Or, où se trouvait l’arrière-garde commandée par Burton ? Encore sur le Champ de courses, à deux cents pas de la ligne principale de l’armée en marche.— Va-t-on, sérieusement, prétendre que le terrain où se tient l’arrière-garde d’une armée qui se bat n'appartient point au champ de bataille ?

La déroute cependant n'était devenue totale que parmi les troupes réglées.

Les Canadiens retirés en grand nombre, on dit 1,500, dans le petit bois, continuèrent leur feu meurtrier sur le centre et la gauche et ne délogèrent que lorsqu'ils se virent près: d’être enveloppés par le Kennedy et le Bragg. Ils retraitèrent en combattant à la façon des Parthes, faisant volte-face de temps en temps, jusqu'à un autre petit bois près de la porte Saint-Jean, où ils se rallièrent au nombre de 800 à 900, et par une nouveile résistance, firent éprouvér des pertes à différents corps qu'ils forcèrent à se re-

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MONUMENT DE WoLrE— Plaines d'Abraham,

Entre la prison et le Champ de courses,

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plier ; mais il fallut céder à la supériorité du nombre. Cependant ils avalent réussi à couvrir la retraite. (Mante, p. 266.)

Le gros de l’armée de Montcalm n'avait pas donné: à sa gauche les diverses Premières escarmouches et l'attaque (ou, plutôt, la fuite qui s’en suivit), entre la première colonne et la droite de Wolfe, peuvent se restreindre à l’es- Pace compris entre la tour Martello, No. 2, et le sud de l’estrade des courses, (Hawkins, p. 357) où les Canadiens, retirés dans le bois, SEULS avaient tenu bon.

Townshend, de son côté, n'avait eu jusque-là que des escarmouches et deg fusillades, s'étant retranché dans le bois et dans quelques maisons d’où il faisait des sorties. Il s'était avancé dès le matin, comme on l'a dit, jusqu’à celle de Borgia, près du moulin à vent ( 1) sur le bord du chemin Saint-Jean, et s’en était emparé. Les Canadiens l'en chassèrent et y mirent le feu. Leur prem'ère attaque, quoique vive et opiniâtre, n'avait ::;5 réussi ; ilavait fallu Y revenir sous l'effet du canon. ‘0%, IT, p. 98.) Cependant Townshend n'eut guère de peine à empêcher la tentative de l’ennemi de le tourner. Quelques pelotons du Amherst y suffirent, Ilen était là quand on lui annonça que le commandement lui était dévolu. L'action fut peu sévère sur cette aile.

Suivant Lévis la déroute aurait commencé de ce côté-là, “ Notre droite, écrit-il, plia, et fut suivie successivement de toute la gauche avec la plus grande confusion.” (Journal, 209, Joannès le dit aussi: «“ Après avoir fait et ‘’essuyé 8 ou 4 décharges à portée de pistolet, la droite “ plia et entraîna le reste de la ligne” C'est-à-dire que la ligne plia ensemble de tous côtés (everyivhere). Knox cite l'extrait d’un journal d'un officier français trouvé dans Québec qui confirme lefait. “ Nos troupes donnèrent le pre-

(1) ‘ On fit aussi une redoute au moulin au-dessus de Saint-Roch ” (Hém

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“mier feu, les Anglais le second, et l'affaire fut finie. Notre “ droite tourna le talon ; le centre courut après, et entraîna ‘avec lui l'aile gauche ; et ainsi la bataille fut perdue en “ moins de temps que je le raconte.” (V., 11, p. 98.) > C’est ce qui explique le peu de pertes des Anglais de ce dE côté jusque-là. En effet l’Amherst ne perdit que 2 hommes | tués, et n'eut que 52 blessés en toute l’action ; Lawrence, seulement deux soldats blessés, Le 58ième Anstruthers et le 2ième bataillon du Royal-American perdirent davantage, surtout en blessés ; d'abord en acculant le Lasarre et les milices sur leur centre, puis les refoulant au bas du coteau et vers la porte Saint-Jean ; mais leur

perte la plus forte eut lieu en portant ensuite secours aux Ecossais dans la vallée.

le 60ième,

Entre temps les vainqueurs pressaient les fuyards de toutes parts à la baïonnette, et les Montagnards écossais avec leur terrible claymore es hachaient pêle-méle jusqu'aux portes de la ville et lans les fossés. (Saunders.)

Montcalm, quoique déjà blessé deux fois, essaya en vain de diriger la retraite. Eu: rainé par le courant vers la ville et près d'arriver à la porte St-Louis, il reçut dans les reins un dernier coup de fusil (ou éclat de mitraille) mor-

tel. Ses soldats le soutinrent sur son chev

al pour rentrer dans la ville.

M. de Sennezergues, second en rang, étant dangereusement blessé, fut fait Prisonnier. Il mourut le lendemain.

Il ne restait pas de chef qui prit le commandement ; personne ne voulut plus reconnaître d'autorité ou de commandant quelconque. Ce fut un pêle-mêle général, une déroute sans nom. ‘ La postérité aur

à peine à le croire,” ajoute Daine.

Vaudreuil dans sa lettre au Ministre, du 21 Septembre 1759, donne en trois lines la part personnelle qu'il prit dans l'affaire, “ Lorsque j'arrivai, Monseigneur, au champ ‘ de bataille, la fuite était si générale que je ne pus arrêter . “le soldat, Je ralliai environ 1,000 Canadiens, qui par

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Cette lettre d’une brièveté sèche, zravement et péniblement étudiée pendant huit Jours, contient une vantardise, de Tâches réticences et cache, sous des inculpations fausses versées sur autrui, la portée de son inepte et inerte conduite, sa peur subséquente et surtout sa fuite honteuse.

D'après Malartic, tout ce que Vaudreuil accomplit fut de faire remonter les Canadiens sur la hauteur, qui, après s'être fusillés avec les Anglais, furent forcés de se retirer : “ About two hundred brave and resolute Canadians rallied “ on the hollow near the bake house and returned upon the “heights.” Johnstone, p. 44. Vaudreuil n'est pas dit les y avoir suivis.

Il n'était pas avec eux lorsqu'ils tenaient en échec ces mêmes Anglais dans le petit bois près de la porte Saint- Jean, pendant plus d’une demi-heure, ce qui permit aux troupes de regagner le pont (Bigot). M. de Vaudreuil au lieu d'écrire à Montcalm de l’attendre (1) n'avait plus qu'une chose à faire, aller le rejoindre en personne, avec les 1500 hommes de la milice de Montréal qui s'étaient avancés

cependant jusqu’à la rivière Saint-Charles quand il les laissa Pour se rendre à l’armée, où il monta seul, pour rencontrer en chemin les fayards. Que faisait-il depuis 7 hrs. à 10 hrs. ? Voici son aveu : “ Je faisais l'arrière-garde et hâtais le pas aux troupes et aux milices qui étaient sur ma route ” ; tandis que ses quinze cents hommes bondissaient de rage en voyant l’armée taillée en pièces sans pouvoir lui porter secours. On ne peut ajouter. foi à l'excuse tardive qu'il

(1) Cette lettre nous semble écrite après coup. Voiei ce qu’on lit dans les Mémoires déjà cités, p. 165:

‘M. de Montcalm donnait l'exemple et se trouvait partout ; il envoya ordre sur ordre pour que toute l’armée marchât et gagnât le haut du Coteau avant que l'ennemi l’en eût chassé. M. de Vaudreuil donna au contraire ordre aux Canadiens de rester et leur défendit de passer la rivière, ne voulant pas risquer une bataille par la persuasion de Cadet, et de quelques autres qui y avaient un intérêt particulier, ”?

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donne d’un Contre-ordre venant de Montrenil. (Lettre du 5 OCE. 1759). I] était trop près : dans un quart d'heure il Pouvait faire marcher tout son monde.

‘ Ces Canadiens, de la valeur, de l'adresse et de la doci- “lité desquels, bien modifiés, il n’est rien que l’on ne püût “attendre,” auraient Peut-être sauvé la Journée.

Il ne dit Pas non plus qu’il était au milieu d’eux ni à leur tête, quand, après avoir été refoulés Pied-à-pied dans la baisseur au détour de la côte d'Abraham, ils arrêtèrent les Ecossais revenus à la charge, renforcés du 58ième et du 2ième bataillon du Royal- American > se défendirent autour du moulin du Roi et la boulangerie, et Profitant de la Sapinière ifligèrent là Ja plus grande perte à l'ennemi, principalement aux Ecossais, dont 166 furent mis hors de ‘combat, c’est-à-dire un quart du régiment.

Avec une bravoure et un acharnement à se faire presque tous tuer sur place, ils Sauvèreht ainsi un grand nombre de fugitifs et donnèrent Je temps au reste de l’armée de se réfugier dans l'ouvrage à cornes.

Ïls prirent même la précaution de inouiller les poudres déposées dans Ja grange du moulin du Roi avant de se retirer à la suite de l’armée,

De son côté Murray s'était mis à la tête des Ecossais, revenus alors à l'endroit même sur Ja ligne où les Français s'étaient rangés, et les fit marcher à travers le bois, près la porte Saint-Jean. vers l'Hôpital-Général. Le canon du bastion Sainte-Ursule fat dirigé contre eux mais ne leur fit aucun mal, Cependant des tirailleurs dans les buissons et derrière les Maisons du fauboure, lui tuèrent quelques soldats et blessèrent des officiers. Ce que voyant, Murray amena son bataillon sur les plaines au chemin Saint. Louis et le fit Passer à couvert au delà de l’autre bois et jusqu'à la côte d'Abraham, Là, les Canadiens embusqués sur le revers et dans les broussailles du Coteau, firent un feu si bien dirigé et soutenu qu’ils abattirent beaucoup de ces Montagnards et blessèrent leurs officiers, même les

* forcèrent à reculer en désordre.

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Néanmoins, s'étant reformés, ils revinrent à la charge, aPpuyés du 58ième et du 2ième bataillon Royal-American, et refoulèrent les Canadiens dans la vallée : là, ils rencontrèrent de nouveau celte résistance opiniâtre qu'on vient de voir qui fut assez effective pour terminer la poursuite et assurer finalement le Passage du pont.

On ne peut se faire une idée du désordre, de la confusion, de la peur et de la consternation qui régnaient dans l'ouvrage à cornes. « Mais, dit le journal tenu à l’armée, si les fautes que fit M. de Montcalm ont été funestes à noS armes, nous dirons qu'elles nous semblent avoir été déshonorées par la conduite de ses SuUCcesseurs.” Peu s’en

fallut que Vaudreuil ne Capitulât sur le champ pour toute la colonie. (Johnstone, p. 51)

Townshend, sûr de ia victoire, rallia ses troupes que la Poursuite avait dispersées et revint les ranger sur le même terrain qu'elles OCCupaient lors du combat. Il n'avait plus affaire qu'à Bougainville, qui se montra, à Sainte- Foye, vers midi, sur ses derrières, avec ses 2,000 hommes de pied et ses 200 chevaux. Celui-ci, averti avant huit heures, s'était attardé en ENVOyant un détachement attaquer une maison en pierre, à deux étages, auprès de. la batterie de Samos, (probablement celle bâtie par l’évêque Dosquet.) Elle était occupée par le piquet d'infanterie légère qui Sy était retranché. Ayant été repoussé il y était revenu avec du canon, Mais sans pouvoir s’en servir: On avait oublié les boulets ! ! ! Cependant il attaqua vivement ce poste, et y perdit Brignolet, lieutenant de La Sarre et plusieurs volontaires. M. de Rouvray, du même

régiment, y fut grièvement blessé. Ne pouvant se rendre maître du lieu, Bougainville prit le parti de le faire masquer, et continua sa marche vers Ja ville,

Pour le rencontrer Townshend fit faire volte-face à la réserve de Burton, à l'infanterie légère et au 3ième bataillon

du Royal-American, qui s’avancèrent contre lui avec de nouvelles pièces de canon amenées dans l'intervalle.

Une bonne contenance et quelques volées arrêtèrent Bougainville, qui, Voyant la journée perdue, se retira sans coup férir.

Townshend était resté maître de tout le Champ de ba-

taille, et sa Communication avec la flotte était libre et assurée.

Les Sauvages blottis sur le défaut du coteau étaicnt restés isolés et ne paraissent pas avoir pris part à l'affaire. Ils n’affrontent pas l’ennemi en rase campagne et n’inquiètent point les vainqueurs.

Townshend ne song'ea pas à la Poursuite, mais ayant vu à ses morts, et à ses blessés qu'il s'empressa de faire transporter à ses hôpitaux à Lévis, il commença aussitôt à se retrancher. Et afin de commander le retour par le pont et la vallée, il se hâta de fortifier avec une batterie le moulin du chemin Saint-Jean. Il tint ses troupes sous les armes toute la nuit sur le champ de bataille, où il resta campé le 14; puis s’occupa de se mettre hors de portée du Canon de la ville. Il fit reculer le T8ième à une plus grande distance des ramparts, plus près du bois de Sillery, parce qu’il était trop exposé. (Fraser) En même temps il faisait monter ses vivres et munitions de la flotte. Il fit raser et nettoyer le

près de ou sur la propriété de M. Ross ; cette dernière est indiquée sur le plan de Holland. Hawkins en : entionne plusieurs autres, particulièrement celle bâtie en flèche, dont les restes existaient visiblement, en 1830, près de l’estrade des courses. (ÆLuvkins.) Elle Commandait le chemin Saint-Louis et une sortie de la ville ; on a cru qu'elle était probablement montée avec la batterie enlevée à Samos, Le camp, ainsi retranché, embrassait tout le plateau entre la

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prison et la rampe du Foulon. Le S3ième bataillon du Royal-American Campa le 13, à l'endroit même où l’armée était montée le Matin, afin de protéger les convois.

Le même soir Townshend, en personne, alla s'emparer de l’'Hôpital-Général, après avoir dissipé la garde au pont de bateaux.

L'appel du jour constata 61 morts et 603 blessés.

Pendant cette même nuit, Vaudreuil, sans prendre le temps de lever son Camp, à la suite de l'avis d’un conseil de guerre, tenu vers midi dans l’affollement indicible du premier moment, —et qu’il tint caché jusqu'à la derniére heure du départ, —s'enfuyait en toute hâte avec les débris de son armée vers Lorette et Charlesbourg, pour retraiter derrière la rivière J acques-Cartier. Il abandonnait ses blessés et ses morts Par centaines sur le Champ de bataille.

Les bonnes religieuses de l’'Hôpital-Général recueillirent les blessés,

La journée avait coûté aux Français environ 900 hommes Y Compris 250 à 300 prisonniers. Nous n'avons pas l’appel exact du soir, qui doit dire beaucoup plus. (Malartic, p. 287.)

Nous ne suivrons pas à présent la marche en désordre de ces fuyards, nous la reprendrons sous la main plus guerrière de Lévis.

notre thèse, rendons hommage à la mémoire de Montcalm. Sa mort stoïque et chrétienne, dans les bras de son évêque, ses dernières paroles pour faire appel à la clémence des vainqueurs, avant d’expirer, montrent une grande âme. Il écrivit à Townshend : “L'humanité des Anglais me “ tranquilise sur le sort des prisonniers français et des “ Canadiens. Ayez Pour ceux-ci les sentiments qu'ils “ m’avaient inspirés, Qu'ils ne s'aperçoivent pas d’avoir “ changé de maître. Je fus leur père, soyez leur pro- “ tecteur, ”

* Sentiments admirable

lequel sut, Par son carac et l'affection des

Le 14, an ley Soupir. Le même soi SON Corps, suivi d'une foule éploré le des Ursulines.

S qui furent écon tère géné Canadiens.

tés par Murray, reux, se concilier l'estime

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