‹ Les Plaines d'Abraham, endroit historique à conserver ... [microforme]Chapitre 6 sur 16 · SAR TL · texte numérisé non relu

SAR TL

tionnés à l’occasion ni de l’une ni de l’autre des deux batailles, et durant le siége par Lévis. |

Et aussi que Montcalm n'ait Pas songé à s’y retrancher pour la défense ou à s’y replier en cas de retraite.

Nous rangeons donc le front de l’armée de Wolfe, c’està-dire, sa première ligne formée sur trois rangs de hauteur, et protégée dans sa formation Par des avant-postes, à un mille de Québec (Fraser), à commencer près de la cime du Cap à droite, passant sur le Champ de courses près de l'estrade, et continuant jusque vers l'asile Finlay, pour s'étendre loin en arrière de chaque côté du chemin de Sainte-Foye jusque sur la propriété de Mme. David Ross.

L'infanterie légère occupait là un bois et quelques mai- Sons, y compris celle de Borgia, fort en avant, (1), dont un

(1) Où était ce moulin à vent et cette maison Borgia dont parle le chevalier Johnstone, p. 43. ‘The wind-mill and Borgia’s House, upon the edge of the hill .... the Canadians having set fire to that house and chased you from it, ou retook your former position.”

On trouve dans ce temps-là plusieurs de ces moulins À vent dans la ville et sesenvirons. On pourrait croire (le prime abord qu'il s’agit du moulin de M. d’Artigny, en face de Wolfe, sur le bord de la Butte-à.Neveu, situé précisément devant son aile droite au haut de la côte, sur l'emplacement de la tour Martello No. 2, et à cent verges de distance d’un Borgia (Augustin-Borgia Levasseur), sur la Côte à Perrault, maintenant représenté par M. Guilmartin, Cependant il n’en est rien. En prévision du siège par Lévis, Murray fit sauter ce moulin le 22 janvier 1760, pour y ériger une redoute, Wock-house. C'était Son ouvrage le plus avancé et la plus grande des cinq redoutes devant la ville de ce côté et dominant comme au niveau de la citadelle, Elle était garnie de deux canons et considérée comme hors d’insulte, Lévis en arrivant la bombarda. Un accident mit le feu aux poudres ; le toit fut emporté et un capitaine et une vingtaine d'hommes furent blessés, Elle brûla jusqu’à terre. (Murray, p.83. Ænox, II, p. 298). Ce Borgia n’est devenu propriétaire là qu’en mai 1790, et le moulin dont il s’agit était, suivant Johnstone et les cartes, vis. à-vis l’aile gauche de Wolfe, déployée sur le coteau Sainte-Geneviève, et laquelle paraissait tenter une descente vers le pont de bateaux sur la rivière Saint.Charles, par l’ancien chemin qui y descendait de ce moulin.

En effet, ce moulin se trouve indiqué sur plusieurs cartes et plans, entre autres par Villeneuve, 1685, par Lévis, 1760, Holland, 1785, par le plan gravé de 1775 sans nom d'auteur, et par le plan de Perrault, aux Ursulines, jusqu’en

Nous croyons qu’il remonte À Jean Bourdon qui avait obtenu une concession de terre, fief Saint-Jean, ave permission d'y bâtir un mouiin à vent Jai@nt du

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Wolfe se plaça, pour commander, au centre, à quelques Pas au sud ou près de l’estrade qu’on voit sur le Champ de courses. Sa première ligne d'attaque ne se montait, comme on l'a dit, qu'à 3,271 hommes tout au plus, et quelques bombardiers et canonniers.

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blé e! farine, suivant les titres primitifs énumérés dans un acte consenti par son fils, Jean-François, à Charles Bazire devans Mtre Becquet, notaire royal, le 28 août 1677, et porté au cahier de l’Intendance du domaine de Sa Majesté, représenté par la Compagnie de la Nouvelle-France. Jean Bourdon avait obtenu de la compagnie, le 19 mars 1661, l'érection en fief de sa maison appelée Saint-Jean, dans la banlieue de Québec. Les bornes de son terrain lui avaient été assignées le 23 mai 1637. Cf. Actes de foi et hommage, vol. II, p. 474, A. D.

Ce moulin paraît avoir été situé à l'endroit de la remise des Chars Urbains, sur la courbe du chemin Saint-Jean, à son entrée dans la rue d’Aiguillon actuelle, lequel continuait alors de là, par divers détours, suivant les accidents du sol, jusqu’à la porte Saint-Jean. Cf. Plan de 1775. Ce ne fut que plus tard que la rue Saint-Jean qui se continuait tout droit dans la rue Saint- Joachim, fut alignée et nivelée, telle qu’on la voit aujourd’hui, pour reprendre la courbe, Bourdon avait donné à un rocher en cet endroit le nom de La Roche Bernard, en souvenir d’un rocher semblable près de Notre-Dame d’Auray, en Bretagne, C’est au pied de ce même rocher que se faisaient les exécutions militaires, sous le régime anglais, comme n’offrant aucun danger pour fusiller les soldats.

Ce même fief Saint-Jean devint la Eropriété de Michel Sarrazin, médecin du roi, et conseiller au Conseil Supérieur de Québec, comme adjudicataire, le 22 octobre 1709, entre autres, de divers immeubles vendus par autorité de justice sur Gaillard, curateur à la succession vacante de Sieur Aubert;de la Chesnaye,. Ce fief passa en diverses mains pour tomber en partie dans celles des Dames Ursulines de Québec et aussi de l’Hôtel-Dieu.,

Suivant ces plans le moulin aurait été situé à l’ouest”d’un chemin montant de !a vallée Saint-Charles, tandis qu'aujourd'hui, il se trouverait à l’est de la Côte.à-Sauvageau,

Cependant on découvre duns un autre plan imparfait, à l'Hôtel.Dieu de Québec, un chemin de convention entre ces Dames Religieuses’'et les Ursulines qui servait À monter le coteau et qui concorderait un peu avec Je tracé sur les plans ci-dessus cités, Il semblerait descendre dans la vallée:par la côte de la Négresse pour atteindre la rivière Sant-Charles,

Mainteuant, quel était ce Borgis et où était sa maison, dont les Anglais s'étaient emparée à bonne heure, qui fut reprise et brûlée par les Canadiens ?

Cest dans le recensement de Québec en 1716, publié par l’abbé Beaudet en

Jusque là ses troupes en aVançant pour se former n'avaient subi aucun choc si ce n’est quelques escarmouches d’avant-postes et de tirailleurs Canadiens embusqués dans les bois, ou cachés dans les broussailles, dont un, au dire de Montcalm, Vaut ainsi trois soldats disciplinés ; ce qu'il entend dé leur adresse à tirer.

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1887, que se Présente pour la Première fois en ce Pays le nom Borgia, nom espagnol.

Il fut donné au baptême, à Québec, le 4 avril 1707, à François-Louis de Borgia, porté au recensement Sous le nom de Lrançois de Borgia, âgé de 10 ans, fils de Pierre Le Vasseur, Menuisier, âgé de 55 an8, et de sa seconde fenime, Anne Ménage, âgée de 40 ans, Cemeurant rue qui est le long du jardin du Fort (des Carrières). Ce nom fut donné à l'enfant en l'honneur de Saint-François de Borgia, canonisé depuis peu (1671). :

Le Dictionnaire généalogique de Mgr Tanguay ne mentionne pas plusieurs des onze enfants de eette famille, alors vivants. Vo. V, p. 387.

Il omet entre autres celui-ci né entre Barthélémi, baptisé le 16 janvier 1705, dit âgé de 12 ans, et François-Ignace, dit âgé de 9 ans, baptisé le 4 septembre

Ce même François. Louis Borgia LeVasseur épousa en premières noces, 2 mai 1730, à Québec, Hélène Moreau, ét en secondes noces, 27 août 1744, Marie. Joseph Gatien. En 1759 il était donc âgé de 52 ans. Il portait simplement alors le nom de Borgia, que Portenit aujourd’hui ses descendants, et fut l’ancôtre de Joseph Le Vasseur Borgia, avocat Célèbre dans sa Profession, démis de ses fonctions par le 80uYerneur Craig en 1810, et élu député à l’Assemblée Législa. tive de 1810 à 1829,

Dans see Mémoires, M. de Gaspé (p. 301) raconte qu'après avoir commencé ses études de droit chez le juge en chef Sewell, il entra, pour les Continuer, chez M. Borgia. I] faut en rabattre un peu du language qu'il prête à son deuxième Patron sur le peu d'importance et d'utilité de la science légale ; à Moins de Prendre ce passage Pour une boutade d'étudiant, où un trait satirique qu’on s’est plu de tout temps à lancer contre les gens de loi, mais qui ne peut atteindre l'avocat Borgia,

Pour en revenir à ce François.Louis de Borgia, le Propriétaire de la maison qui nous OCCUpe, nous le retrouvons voisin, du côté nord-est, de l'habitation du même Dr. Sarrazin, et de l’autre côté borné aux Dames Ursulines.

Le 28 décembre 1758, sous le nom de François. Louis Borgia LeVasseur, bourgeois, de Québec, il présente au greffier du domaine du roi un contrat de vente à lui faite par Simon Chamberland per devant Mtre Boucault, notaire royal, le 26 novembre 1742, ‘ d’une terre en la censive de Sa Majesté, située au dit lieu de la côte Sainte-Geneviève (dite sise côte Saint-Jean au registre) de 3 arpents de front sur toute la profondeur (Sur 20 arpents de Profondeur, dit au registre) à prendre depuis le chemin du Roi, vis-à-vis le terrain appartenant ci-devant au Sr. Perthuis, jusqu’au chemin du Roy de la Grande-Allée,

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Passons maintenant dès le même matin dans le camp retranché de Montcalm s'étendant de sa droite depuis l'ouvrage à cornes qui défendait le Passage et le pont de ba-

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teaux sur la rivière Naint-Charles, et occupant toute la côte de Beauport jusqu'au Sault Montmorency, à sa gauche, avec environ 6,000 hommes.

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tenant au sud-ouest à l'habitation de M. Sarrazin et à présent ses héritiers, et d’un côté du nord-est, aux terres ci-devant appartenant à M. (Rouer) D’Artigny et à présent aux Dames Ursulines.”

Le titre du vendeur Chamberland provenait des héritiers Pinguet, suivant Contrat passé devant Mtre Rageot, notaire royal, le 25 septembre 1793,

Il est naturel de croire que cs Borgia bourgeois, ait dû se bâtir une maison sur une propriété d’une soixantaine d’arpents d’étendue aux portes de la ville, dont il jouissait depuis une quinzaine d'années, Comme cette maison à été incendiée, il est presque impossible aujourd’hui d’en déterminer précisément le site, sinon qu’elle était près et dans la direction du moulin à vent, suivant le chevalier Johnstone, et Construite au sud-est de la courbe de l’ancien chemin Saint-Jean, Le plan de bataille dans Jefforys, p. 131, indique deux maisons à peu près vers cet endroit, sur le bord du chemin,

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Laissons de côté les préocupations intérieures de leur commandant, ses pressentiments et ses allées et venues durant la nuit, avec Johnstone et autres, pour arriver au fait que lui, au centre, dans le manoir de Salaberry, aurait tenu son armée sur pied, aux tranchées, toute cette nuit, complètement trompé par le feu des vaisseaux ot par une attaque et descente simulées, habilement dirigées et soutenues par les matelots de la flotte, sur le rivage de Beauport; si bien que même le canon qui tonnait à Samos dès avant quatre heures du matin ne put détourner alors son altention, ni lui causer d'alerte autre que sa crainte pour

l'interception de ses vivres de ce côté, qui étaient attendues par eau.

Pourtant, une heure après minuit, les patrouilles d’eau avaient averti que beaucoup de berges filaient du côté de la ville, et il se plaint, suivant le langage que lui prête Johnstone, d'ignorer ce que l’ôn savait dans toute l’aile droite. Il se fiait que si rien d'important fût survenu il en aurait été informé ; et il rentre alors dans ses quartiers après quiques tasses de thé Prises avec Johnsfone. Cependant il avoue que pas une âme depuis minuit ne Ini a apporté un message de la droite.

Adoptant la version française la plus probable (Ævénements de la Guerre, p. 65), nous croyons que Vaudreuil, à

l'extrême droite du camp, ne fut exactement informé de la

présence des Anglais sur les Hauteurs d'Abraham que vers les six heures et demie, et il n’est pas présumable que la première nouvelle passât tout droit devant lui, premier en Tang, pour être ensuite remise à Montcalm à une lieue plus loin. D'ailleurs Marcel, l'aide-de-camp de celui-ci, était posté auprès de Vaudreuil pour transmettre les dépêches à son chef.

Celui-ci, aux premières nouvelles, n’en voulut rien croire,

puis, ne pensant pas l'affaire sérieuse, se contenta d’envoyer des piquets pour secourir les postes. Ce doit être

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un de ces piquets qui fut repoussé sur la grève à l’Anse-des- Mères. Le Guienne fut dépêché à la suite. (1)

Déjà quelques milices étaient sorties de la ville pour inquiéter l'ennemi. (Joannès, cité par Dussieux, p. 890).

Montcalm partit à cheval et se rendit sur les hauteurs derrière la ville où * il fut bien surpris (Bigot, lettre du 15 “oct. 1759) de voir l’armée anglaise qui se formait dans la “ plaine, et les aVant-postes engagés à tirer sur les Cana- “ diens répandus dans les bois.”

À peine revenu de son étonnement il fit battre la générale et toutes les troupes reprirent successivement les armes avec ordre de hâter la marche avec toute la diligence possible pour faire face à l'ennemi. Johnstone, pp. 39 et 41. Il pouvait être alors sept heures du matin.

On laissa 1,500 hommes pour la garde du camp.

D’après les ordres, contre-ordres, va-et-vient et délais dans le camp, rapportés par Johnstone, il devait dépasser de bexucoup les huit heures quand le gros de l’armée parvint sur les Buttes-à-Neveu. Nous concevons que Montcalm et suu état-major à cheval aient passé par la porte du Palais ; mais nous ne VOYons pas 4 nécessité de faire marcher toute l’armée Par cette route (Parkman, IT, p. 92), en allongeant ainsi inutilement son chemin d’un mille, lorsqu'il s'agissait de Couper au plus court, pendant que Wolfe était tenu en échec par le Guienne, les Sauvages et les milices sorties de la ville, et lorsque deux heures après les

(1) Nous croyons que le Guieune marcha le matin du 13 septembre sur un ordre reçu la veille de se rendre sur les Plaines et de s’yretrancher, Ceci peut expliquer la présence matinale des uniformes français aperçus par Wolfe sur les hauteurs, et dépêchés indépendamment des avis transmis au camp de Beauport. Knox (II., p. 78) semble si bien informé sur ve point, qu’il cite comme une bonne fortune pour Wolfe d’avoir devancé ce jour. ‘It is still more fortunate ‘that the General had not deferred the execution of his project to another ‘day, for two french régiments, with a corps of savages, were actually under “orders to march at six o’elook on the morning of the 13th. But, happily,

‘‘our troops were in possession of the ground before the enemy had any “€ thought of oùr stirring, ”

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mêmes troupes redescendaient en masse, à toutes jambes, directement par le coteau Sainte-Geneviève. Il nous parait certain que les Sauvages qui furent s'embusquer plus loin, en arrière de Townshend, dans le défaut du même coteau, n'ont pas été induits à faire ce long détour simplement pour aller parader dans la ville avec leurs pendeloques. Le Royal-Roussillon, parti de l'extrême gauche, au Sault, arriva le dernier, à neuf heures et demie, après une course de deux lieues, et prit place, encore hors d’haleine, à gauche, en deça des milices de Montréal et de Trois-Rivières, lesquelles contournaient le bord du Cap. Venaient ensuite en ligne droite Guyenne, Béarn, Languedoc et la Sarre. Les troupes de la colonie et les milices de Québec s’étendaient au delà de la porte Saint-Jea-, le long du coteau Sainte-Geneviève, faisant face à Townshend. Les deux ailes s’'appuyaient sur des bois.

Toutes ces troupes étaient réduites depuis le 22 août à une ration de trois Quarterons de pain, et pour les Canadiens et les Sauvages à “ un misérable d’eau-de-vie.”

On peut se demander si, sortant des retranchements, “ le jour étant fait,” pour rentrer dans les tentes (vers 6 heures et demie) quel repos et rafraîchissements le soldat eut le temps de prendre quand il entendit battre la générale.

Sans les Sauvages, M. de Montcalm comptait environ 3,600 hommes en bataille dans ce moment, peut-être 5,000 avec le contingent dont Vaudreuil pouvait le renforcer à temps. Il parcourut les rangs à cheval (dont la couleur ne fait rien à l’affaire, pas plus que ses manchettes en den-

telle) et demanda aux soldats s'ils Ctaient fatigués. Belle demande !!

Le combat était déjà commencé entre les avant-postes et des pelotons de Canadiens qui se fusillaient depuis une heure avec les Anglais derrière des fredoches. {Malartic, P. 484). Montcalm ayant obtenu de la ville, à 9 heures et demie, deux pièces de campagne les braqua à sa droite. Ainsi posté il se trouvait adossé aux bastions de la ville,

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savoir : le Can Diamant, la Glacière, Saint-Louis, Sainte- Ursule, Saint-Jean et la Potence, lesquels ne Jui servirent pourtant de rien. (Fraser, p. 21).

Montcalm avait l'avantage de l'éminence du terrain (1) et un appui certain sur ses derrières. I] n’avait rien à perdre en maintenant sa position, tandis que Wolfe—attaqué en queue et en flanc par Bougainville qui pouvait d’un moment à l’autre accourir du Cap-Rouge—se trouvait entre deux feux et sans retraite possible, Il lui fallait vaincre ou périr.

Montcalm au contraire pouvait se replier sur la ville et sur l'heure (Ænox) en tirer 650 hommes de la garnison comme Support, et attendre au besoin le reste des troupes de son Camp. Que se passait-il dans son esprit? Nous laissons à d’autres, qui prétendent le deviner, le soin d’en rendre compte. Voyons ce qu'il a fait ; inutile de chercher ce qu'il aurait pu ou dû faire, on ce q e Lévis aurait accompli à sa place.

Sorti à cheval par la porte Saint-Louis, Montcalm s'était placé au centre pour commander et se trouvait en ligne de la continuation de la rue Saint-A mable, à peu près vers le milieu de la rue Claire-Fontaine.

M. de Sennezeroues avait le commandement de la gauche. Dumas, major des troupes de la Marine, commandait la droite. Les bataillons des réguliers présentaient en ligne un front de bandière à trois de hauteur.

Cependant, sur les neuf heures et demie, les deux armées, déployées à une portée de mousquet, s'étaient ébranlées et rapprochées d’un peu plus près ; les Anglais avançant leur première ligne lentement et après plusieurs haltes. Ils n'étaient plus qu’à 5 à 600 verges des Buttes-à-Neveu.

(1) Ce point était d’une telle importance stratégique que Montcalm, dans son plan de défense, avait songé en premier lieu à s’y retrancher. Murray lui-même dit qu’il n’eut pas le temps de le faire à cause de la terre

gelée et qu’il aurait pu s’y défendre contre une forte armée. Lettre du 25 1769, et son journal, p. 6.

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Lévis énonce au clair la position. ‘“ Les ennemis, qui, à notre mouvement avaient gagné la crête des hauteurs firent un feu considérable ” (Journal, p. 209).

Wolfe était parvenu à placer près de l'éminence dont il s'était emparé le petit canon de bronze de 6, grimpé à bras du Foulon par des matelots. C'était toute son artillerie.

On peut observer avec quel soin et queile exactitude est fait le plan de la bataille qui se voit dans Jeflerys, Il indique l'endroit de cet unique canon et corrobore ainsi Townshend, Fraser et autres sur ce point. Les deux pièces des Français y sont de même marquées, et leur front de bandière, en ligne avec chaque drapeau en tête du régiment, est parfaitement dessiné.

Montcalm se figurant, sur oui-dire, que l'ennemi commengçail à se retrancher et qu'une fois maître du terrain it ne pourrail plus le déposter, ce qui était pour lui le point capital à enlever, et craignant, sur un movement de Townshend vers la maison Borgia et le moulin à vent, —d'où le chemin descendait à la rivière Saint-Charles, que sa droite ne fut tournée et sa retraite coupée vers le pont de bateaux, —se décida, avant de réunir toutes ses forces, à hasarder l'attaque, et ordonna, tête baissée, la charge. Il fant croire qu'il comptait sur la bonne fortune de ses succès passés, Son ardeur allait bien vite se refroidir.

Johnstone, qui écrit après coup la défense de Montcalm, prétend que l’ordre ne fut donné qu'à la suite de la réunion d'un conseil de guerre de tous les officiers commandants. Il veut en faire conclure qu'on en était venu à cette décision, laquelle n’est pas confirmée. Lui-même se garde de l’affirmer en fait. Bien plus, comment se fait-il que Montreuil, l’aide-de-camp, s’avise de remontrer à son géneral, au moment de donner l’ordre du combat, qu'il n’a pas les forces nécessaires pour l’entreprendre ? Si la résolution était ainsi prise, c'était plus qu’une impertinence. Que penser, quand les mêmes officiers nièrent ensuite cette décision ?

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Toute cette partie du récit de Johns entortillée et si peu rationnelle qu'e silence, C’est un plaidoyer en ja Porte à faux par son incohérenca, jugement ni de l'un ni de l’autre.

Au signal d'une charge générale et à la suite de Montcalm à cheval, l'épée à la main devant eux, les bataillons se portèrent en avant de bonne grâce, au pas de Char, et avec la vivacité coutumière des Français, le centre dirigé contre Murray et la gauche contre Monckton. L'espace creux à franchir était difficile, embarrassé, inégal et entrecoupé de broussailles. Ils tinrent leur ligne Jusqu'à la

‘rencontre du bois, qui s'allongeait un peu vers leur droite et séparait les deux armées, où il fallut la rompre et s’avancer Comme en colonnes : l’une, la Première, au sud, et les

deux autres da côté nord. Cet obstacle étant dépassé ils

cherchèrent à se reformer en plaine, mais, étant resserrés,

la mitraille bien servie et bien dirigée du petit canon les

en empêchait fort. Avant d’y parvenir, les troupes de la première colonne lächèrent, de trop loin, un feu irrégulier, en peloton, tirant en enfilade vers les ailes, tout en avançant hardiment, hurlant des cris de guerre et fusils en l'air (recovéred arms.) Leur décharge n'eut que peu d'effet. Les Canadiens, incorporés et nombreux dans les Tangs, accoutumés à mettre ventre à terre pour recharger, augmentèrent par là le désordre.

Les soldats de Wolfe qui avaient enduré tout le temps sans broncher la fusillade des tirailleurs, reçurent avec intrépidité cette première décharge. |

Après s'être encore avancés de quelques pas sur l'élévation (1) (Malartic, p. 285), ils attendirent, chargés à double balle, l'ennemi descendu dans le ravin entre les Buttes-à-

tone est tellement Ile doit être passée sous eur de Montcalm, qui

Il ne fait honneur au

(1) L’amiral Saunders dit :

‘“ their own advancing till the ‘them with their bayonets,”

‘Our troops received their fire and reserved ÿ were 80 near as to run upon them and pushed

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