Ou de Bel-Air (Wezson, tbidem
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172 mètres dans la forêt d'Aulnay, 185 mètres au signal de Rouillac; ce dernier sommet est couronné de graviers, derniers restes d’antiques dépôts fluviatiles dont on retrouve encore d’autres traces sur quelques buttes voisines. Il est difficile de dire à quelle époque géologique remonte ce cycle d’érosion; il paraît être antérieur au pliocène, dont les dépôts se rencontrent sensiblement plus bas; peut-être est-il miocène.
Dislocations. — Le sol a subi dans la partie orientale des déformations qui en certains points ont eu pour effet de le surélever, et qui ailleurs l’ont au contraire abaissé par rapport aux régions voisines. Les hauteurs de Rouillac (185 m.) et de la forêt d’Aulnay (172 m.) correspondent à une ondulation anticlinale parallèle à l'axe de Montalembert; l'absence de l'étage kimméridien, qui devrait y apparaître au-dessus du séquanien sile plongement des assises était normal, ne peut guère s'expliquer que par un relèvement des couches d’une quarantaine de mètres environ.
Au bombement d'Aulnay succède au N. une zone affaissée qui porte la forêt de Chizé. L’affaissement est rendu manifeste par la faille qui, à l’E. de Secondigné, fait buter l’oxfordien contre le bathonien, avec un rejet au S.-W. de 40 mètres d’amplitude, correspondant à l'épaisseur du callovien, dont l'étage entier reste invisible.
Par les plateaux de Beauvoir-sur-Niort et de Surgères (80 m.}, on passe d’un côté à la plaine de Niort, de l’autre à celle de l’Aunis. L'’affaissement se continue dans la direction du N.-W., et le marais poitevin correspond à la zone la plus déprimée.
La plate-forme, dont nous venons d'indiquer à grands traits l’allure générale, n’est pas restée à l’état de surface plane; au cours du pliocène et du quaternaire elle a été largement érodée par les cours d’eau, qui s’y sont ménagé d’amples vallées, aux coteaux généralement très adoucis. La longue faille de la Boutonne, que l’on peut suivre depuis les environs de Villefagnan jusqu’au delà de Niort, n’a pas peu contribué à faciliter le travail du ruissellement. Elle a déterminé de bout en bout la formation d'une vallée monoclinale que jalonnent successivement la Guirande, affluent de la Sèvre, la Boutonne, entre Vernoux et Chef-Boutonne, puis l'Aume jusqu’à son confluent avec a Couture. Les plateaux de Beauvoir et d’Aulnay sont longés à leur base par la Courance, sous-affluent de la Sèvre, ensuite par le ruisseau de Juillé, affluent de la Boutonne, puis par la Couture, qui prend le nom d’Houme après son confluent avec l'Aume, et enfin par la Charente elle-même depuis l'Houme jusqu'à Angoulême. Cette disposition répète avec plus d’ampleur celle qu’on a déjà observée dans le Mirebalais, où la Briande et la Palu coulent aussi dans des vallées monoclinales.
Les rebords des plateaux correspondent aux affleurements de couches successives déchaussées par l'érosion. Les roches les plus dures ont été mises en saillie, tandis que les plus tendres ont été aplanies. C’est ce que l’on voit fort bien en traversant du N. au S. la plaine de Niort.
Quand on quitte la ville par la route de la Rochelle, on traverse d’abord une plaine de calcaire callovien, puis, en arrivant à Bessines, on franchit un premier coteau, haut d’une vingtaine de mètres, aux pentes argileuses : ce sont les marnes oxfordiennes qui affleurent; une tuilerie les exploite au sommet même de la montée. La route se poursuit au milieu d’herbages enclos de haies. Après avoir passé la Guirande, on voit
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apparaîlre aux approches de Frontenay les calcaires coralliens blancs, assez marneux, qui prolongent topographiquement la plaine oxfordienne; l’imperméabilité du soussol est accusée par la présence d’une grande mare qui occupe au bord droit de la route, à 500 mètres de la station du chemin de fer, l'emplacement d’une ancienne carrière. Immédiatement au sud, la vue est arrêtée par un long ressaut de terrain, d'allure rectiligne, haut d’une quinzaine de mètres : c'est le banc corallien supérieur, ou banc de Fors, plus calcaire et plus résistant, qui se dresse au-dessus du banc inférieur, plus marneux et plus délitable. Le gros bourg de Frontenay s'étage sur la pente du coteau, et en arrière s'étend un vaste vignoble à la surface du plateau dépourvu d'arbres. Un troisième relief, que met encore en valeur la ligne sombre de la forêt de Chizé, annonce, à quelques kilomètres de distance au sud, l'apparition des calcaires séquaniens. La position de Beauvoir y répète celle de Frontenay.
Ces rebords de plateau, trop exagérés sur la carte topographique au 80.000°, se succèdent avec régularité entre les vallées de la Sèvre à l’ouest, et de la Belle, affluent de la Boutonne, à l’est. C’est à Saint-Martin-de-Bernegoue, au-dessus de Prahecq, qu'ils prennent le plus de relief et qu'ils constituent réellement un accident notable : le coteau, qui atteint 74 m., domine de 34 m. les prairies de la Guirande. Un témoin isolé détache au milieu de la vallée sa silhouette dénudée, qui contraste avec l’aspect verdoyant des bords de la rivière.
À mesure que l’on s'avance au S.-E., au delà de la Boutonne, dans la direction de la Charente, les reliefs s'adoucissent et se perdent dans des formes un peu vagues où l’on ne perçoit plus que des lignes courbes, très surbaissées. C’est une succession confuse de mamelons aplatis, qui de loin paraissent soudés les uns aux autres et qui, vus de près, sont comme disposés sans ordre. Pourtant ici encore se répète la même succession de plans étagés qu'aux environs de Niort. Des hauteurs de Villefagnan l'œil découvre vers le sud et l’ouest deux séries de hauteurs, dont la plus rapprochée porte les forêts de Tusson et d’'Aulnay, et dont la plus éloignée, qui atteint 185 m. au signal de Rouillac, et 157 m. près de Fontaine-Chalandray, sépare la vallée de la Couture du Pays-Bas de Matha. Cette deuxième crête correspond à l’affleurement du kimméridien. Mais sitôt que l’on pénètre à l’intérieur du pays dans la direction d’Aigre ou de Matha, ces grandes lignes s’évanouissent pour faire place à une multitude de vallonnements et de croupes arrondies au milieu desquels il est impossible de reconnaître la moindre ordonnance générale; topographie caractéristique, qui met en évidence l’influence exercée sur le modelé par la nature marneuse du terrain. Dans les tranchées de la route de Villefagnan à Aigre nous avons constaté à deux reprises l'existence de petites failles, de 2 ou 3 m. seulement d'amplitude, qui affectent les calcaires en petits bancs de l’oxfordien. La roche, réduite en miettes dans leur voisinage, n'offre évidemment aucune résistance à l'érosion. Autour de Charmé, près d’Aigre, les mêmes calcaires se montrent remplis de fissures, orientées W.N.W.-E.S.E., comme les vallons secs qui aboutissent à Roussillon et ceux qui sont compris entre Salles et le cours de la Charente. Dislocations et fissures ont pu contribuer dans une certaine mesure à la
dissection du plateau en d'innombrables mamelons.