TA PIC OUT
La plaine poitevine entre’en contact avec l’Océan par un système de côtes orientées N.W.-S.E., comme les reliefs de l’intérieur : côtes plates le long du marais, bordées de dunes et de plages vaseuses depuis la pointe du Payré, à la limite du Bocage vendéen, jusqu'à Esnandes, à l'extrémité N. de l’Aunis; côtes rocheuses, taillées en falaises, sur le pourtour de l’Aunis. Elles bordent un golfe marin dédoublé par l'ile de Ré en deux bras de mer, le pertuis Breton au N. et le pertuis d’Antioche au S. Pour un développement côtier total de 176 kilom., dont 74 reviennent à l’île de Ré et 102 au continent, entre les pointes du Payré et de Châtelaillon, il n’existe qu’une seule échancrure notable, la baie d’Aiguillon, qui s'enfonce circulairement à 7 kilom. dans les vases du marais; le musoir rocheux de l’Aunis n’est découpé que de quelques faibles entailles, dont la principale est la baie de la Rochelle, malheureusement ouverte aux coups de vent de S.-W. Mais il fut un temps, à peine éloigné de deux ou trois milliers d'années, où la côte présentait un tout autre aspect : la mer pénétrait alors jusqu'au cœur de la plaine, sur l’emplacement du marais poitevin, en dessinant un golfe profond accidenté d'îles, qui interrompait la continuité des plaines de Luçon et d’Aunis. Son recul progressif a abouti à la configuration actuelle du littoral, qui est lui-même en pleine période de transformation : par l’envasement progressif des baies et des pertuis, par l'édification de cordons littoraux surmontés de dunes, il tend de jour en jour vers sa régularisation complète. Comparé à la puissance des atterrissements, le rôle de l'érosion par les vagues est infime; il se réduit à entamer quelques cordons littoraux et à démolir quelques pointes rocheuses particulièrement exposées à la fureur des tempêtes. L'état actuel apparaît ainsi comme le résultat d’une longue évolution géologique, dont nous allons essayer de retracer les principales péripéties.