Poconyx. Note citée, p. 80. — Voir supra, p
plus hautes marées. Il a été étudié en détail par Benjamin Fillon!. Par la facture des silex taillés et des poteries qu'il renferme, il appartient vraisemblablement à un stade assez ancien du néolithique; les vases recueillis à la base sont très mal cuits; «ils ont été faits à la main, avec une terre grossière et sableuse, prise dans les marais du voisinage. » Si cette origine est exacte, ce que nous n'avons pas pu vérifier, ce serait une preuve directe et irrécusable de l'ancienneté du comblement des marais de Saint- Vincent par le bri marin; à plus forte raison devrait-on y voir la preuve que le niveau marin était déjà aussi élevé que de nos jours. Mais cette preuve nous est directement fournie par le gisement archéologique lui-même : tandis que sa base repose sur le calcaire corallien du rivage, la masse de son contenu est mêlée à du sable marin, dans lequel on découvre des foyers. La station n’était certainement pas à l'abri des plus fortes marées, qui devaient y faire parfois des incursions. On ne s’expliquerait pas autrement ce mélange d’apports marins et humains, qui prouve à l'évidence que les uns et les autres sont contemporains. Il n’y a pas eu de remaniements postérieurs, car le gisement est recouvert par des dunes hautes de 10 mètres, couronnées à leur tour par des ruines gallo-romaines.
Des rapports analogues entre la mer et des stations néolithiques se présentent également dans le marais poitevin : sur sa bordure nord, à Luçon, à Nalliers, des stations de la fin du néolithique reposent sur le bri*.
A son tour, l’île de Ré fournit son contingent de preuves. Dans les anciennes dunes de la commune du Bois, aujourd’hui aplaties et cultivées en vignes, on a trouvé un atelier de silex taillés néolithiques, où abondent les tranchets du type dit campignien”; ils se rencontrent aussi bien dans l'épaisseur du sable qu’à la surface et sont par conséquent du même âge que la dune. Il est à remarquer que les sables marins qui ont donné naissance à cette dernière dessinent en bordure du rivage occidental une bande étroite qui ne dépasse pas les fonds de 5 mètres *. Quand la mer les a déposés, elle avait donc acquis à très peu près son niveau actuel. Les dunes se sont édifiées ensuite à leurs dépens, et comme la station néolithique découverte dans ces dunes est sensiblement du même âge que celle de Belesbat, il s'ensuit que sur les côtes de l’île de Ré, comme sur celles de la Vendée, la mer avait atteint son niveau actuel dès l’époque néolithique et que ce niveau n’a pas subi de changement depuis.