‹ Les Plaines du PoitouChapitre 41 sur 132 · Wezscx. Ouvr. cité, p · texte numérisé non relu

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le barrage granitique de Ligugé a entraîné la concentration des vallées du Miosson, de la Boivre et de Croutelle, cette dernière établie sur la faille même; puis en aval de Poitiers les accidents transversaux disparaissent jusqu’à l’anticlinal de Châtellerault, à la rencontre duquel la Vienne et le Clain mêlent leurs eaux.

Ruptures de pente dans le lit du Clain. — L'influence du sol sur l'allure de la rivière se manifeste encore d’une autre manière, par des ruptures de pente dans le lit; le profil en long du cours du Clain en montre deux, l’une entre Voulon et Vivonne, l’autre entre Saint-Cyr et le confluent de la Vienne, en relation avec un changement dans là nature du terrain, Sur 20 kilom. en amont de Voulon, la pente n’est que de 1/1666, et la vallée est ouverte dans les argiles du lias supérieur qui affleurent à 105 m. environ ; les failles de Voulon et de Pillon abaissent brusquement les couches, et dans le synclinal de Vivonne les argiles toarciennes sont à 80 m. d’altitude; la rivière a été attirée par le niveau d'eau existant à la surface de ces argiles et a approfondi la vallée jusqu’à sa rencontre ; de là son brusque accroissement de pente, qui atteint 1,5/1000 ; en aval, dans la traversée des calcaires bajociens et bathoniens, le profil du lit n’accuse plus qu’une pente de 1/2000; mais à Saint-Cyr apparaissent les marnes et les sables du cénomanien qui renferment un important niveau d’eau; ce sol, particulièrement meuble et dépourvu de résistance à l'érosion, a été profondément affouillé ; l’inclinaison du lit atteint 1,5/1000 jusqu’au confluent de la Vienne. En même temps on constate un élargissement notable de la vallée, qui mesure 2 kilom. à Jaulnay, dans les calcaires jurassiques, et en atteint 4 à Saint-Cyr, dans les sables cénomaniens, pour s’évaser encore plus au moment de rejoindre la Vienne.

Ancien cours abandonné par le Clain. — Malgré ses apparences tranquilles, le Clain a eu jadis la fantaisie d'abandonner son cours à mi-chemin pour aller se déverser dans une vallée voisine. De nos jours, après avoir coulé vers le nord jusqu’à Saint-Martinl’Ars, il tourne brusquement à l’ouest à 1 kilom. en aval, au moulin de la Valette, pour rejoindre à 4 kilom. de là le ruisseau de Payroux, qui lui est parallèle, et reprendre à nouveau sa direction première. Mais son cours supérieur se prolonge au N.-W., en aval de la Valette, par une vallée sèche allant aboutir à la Clouère entre Saint-Secondin et Brion; la pente en descend régulièrement d’amont en aval : on cote 150 m. à la Forêt, 130 m. à Lépine, 119 m. au confluent de la Clouère. A partir de la ferme de Maugarné, cette vallée est parcourue par un ruisseau qui coule au milieu de prairies. Il est hors de doute qu’elle représente un lit quaternaire du Clain; car non seulement le prolongement en direction du cours supérieur de ce dernier est rigoureux, mais le fond de cette vallée sèche, au point où elle se soude à celle du Clain, ne la domine que de quelques mètres. Son creusement était à peu près achevé quand la rivière s’est détournée. Ce changement de cours paraît dû à la présence de la faille de la Valette, qui a mis en contact les marnes du lias et les calcaires jurassiques, contact qui a favorisé l'écoulement des eaux vers les terrains plus faciles à affouiller.

Conclusions. — De l'étude du système hydrographique de la Vienne quelques conclusions paraissent utiles à dégager. .

C’est d’abord l'importance énorme de la transgression falunienne, qui a exercé une attraction décisive sur les cours d’eau qui drainent le versant N.-W. du Massif central et le seuil du Poitou, et les a groupés en un faisceau dont toutes les branches conver= gent en Touraine.

L'allure singulière de la Vienne et de la Gartempe, qui, indifférentes à la pente du sol, descendent droit au N. et parallèlement l’une à l’autre, résulte de l’appel créé par le niveau de base marin relativement rapproché de leurs sources. Le travail régressif de l’érosion a fini par souder des tronçons de cours d'eau originairement distincts. La Vienne entre Excideuil et Lussac, la Gartempe entre Bellac et Montmorillon, coulent dans des vallées récemment formées.

Elles entaillent obliquement le talus du Massif central, qui s’ex-

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