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partout où ils affleurent, sa physionomie de pays sec, pierreux, où la recherche de l'eau est au premier rang des préoccupations des habitants. Cette très importante série de couches débute par les calcaires bajociens, épais de 60 à 80 mètres dans la vallée du Clain; d’une couleur blanc jaunâtre, ils renferment en général à leur base des zones de silex; sur certains points, à Nanteuil-en-Vallée, à Saulgé, près de Montmorillon, à Goix, sur la Vienne, on exploite un étage marno-calcaire pour en tirer de la chaux hydraulique'. Au milieu du seuil du Poitou ils prennent la structure dolomitique que l’on peut reconnaître depuis Genouillé, sur la Charente, jusqu’au nord de Montmorillon, en passant par Poitiers et Lussac, où ils se chargent de sable; la dolomitisation est d’ailleurs très variable, la teneur en carbonate de magnésie pouvant aller de 1 p. 100 {Voulon) à 46 p. 100 (Lussac)?. Dans la région de Niort on exploite pour le pavage un calcaire bleuâtre à taches rousses, qui passe en bordure de la Gâtine à une roche beaucoup moins dure, « pierre noire », d’où l’on tire de la chaux. Mais ce sont
là des aspects très locaux.
Le facies de calcaire à silex qui prédomine dans l’ensemble du bajocien se poursuit
dans les couches bathoniennes, puissantes de 150 m. dans la vallée de la Vienne, de 50 à 60 m. dans celle de la Gartempe, de 40 m. seulement sur les bords du Clain”?. Aux environs de Poitiers, la moitié inférieure garde l'aspect dolomitique du bajocien de cette région, la moitié supérieure renferme de gros polypiers inclus dans sa masse. Avec l'augmentation d'épaisseur qui.se manifeste au voisinage de la Vienne, se développe le caractère oolithique, bien marqué dans la belle pierre de construction exploitée à Chauvigny.
C’est principalement dans les calcaires bajociens et bathoniens que sont creusées la plupart des vallées du seuil du Poitou et de la plaine de Niort ; la dureté et la compacité de ces roches donnent aux flancs des vallées qui les entaillent un aspect qui leur est propre. Elles forment très souvent des falaises verticales, hautes de 20 à 50 mètres suivant les endroits, dans lesquelles il n’est pas rare de voir s'ouvrir des grottes profondes, comme celles de l'Hommaizé ou du Chaffaud. Les environs immédiats de Poitiers, où le facies dolomitique prévaut, offrent d'excellents exemples de ces formes topographiques; dans la ville même, de beaux escarpements dominent le confluent de la Boivre et du Clain; à un kilomètre en aval, les falaises du Porteau dressent leurs rochers pittoresques au-dessus de la route de Paris; au faubourg de Montbernage, le « Coligny », bel obélisque de pierre, avoisine une roche en encorbellement qui surplombe les maisons construites à son pied. Entre Iteuil et Vivonne, à la sortie du tunnel des Bâchés, sur la ligne de Bordeaux, les calcaires se découpent en corniches ajourées, de formes capricieuses, qui attirent d'autant plus le regard qu'elles se dressent au-dessus d'un talus d'argile liasique, dont l'aspect est tout différent. Souvent on voit dans les falaises des séries de cannelures horizontales, que l'on pourrait prendre