‹ Les Plaines du PoitouChapitre 6 sur 132 · ID, 101d., p · texte numérisé non relu

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3. GLANGEAUD. Le Jurassique à l’'W. du plateau central, p. 149 et 151. — Notice de la feuille de Poitiers (143).

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pour un effet de l'érosion fluviale, et qui résultent simplement de l'attaque des bancs par les agents atmosphériques : les parties les plus tendres sont délitées, tandis que les plus dures restent en saillie.

Ces calcaires extrêmement secs portent une végétation particulière. Quand la terre végétale fait défaut et que le roc se montre à nu, on ne trouve à leur surface « que des tullis mal venants, des arbres rabougris ou de maigres herbages qui n'y croissent pour ainsi dire qu’à regret, et seulement dans les interstices des rochers! ». C’est l'aspect qu'offre la vallée du Miosson entre Saint-Benoît et Nouaillé, avec ses buissons de genévriers et de buis qui parsèment des pâturages à mouton. Il est peu d’endroits où l’on puisse avoir une impression aussi forte et aussi complète du paysage végétal propre à ces régions calcaires que l’homme n’a pu utiliser. Entre Lussac et Sillars, l'excès de dolomie supprime même toute végétation et transforme la plaine en désert pierreux.

Au-dessus du bathonien viennent les calcaires blancs crayeux du callovien, qui recouvrent encore une grande partie du seuil poitevin; épais d'une vingtaine de mètres vers Civray, ils augmentent d'importance au nord de Poitiers en plongeant dans le bassin de Paris, jusqu’à atteindre 80 mètres dans la vallée de la Vienne ; dans l’est ils passent à l'oolithe. Moins compacts que le bathonien, ils se débitent en plaquettes qui parsèment la surface des champs. Jamais ils ne renferment de silex, sauf au bord de la Charente, et la finesse de leur grain en fait une belle pierre à bâtir que l’on exploite en grand dans les carrières de Migné, au nord de Poitiers. Au sud de Niort, la roche devient marneuse, avec des noyaux de calcaire dur; on en fait des soles de four, et de cet usage vient le nom de « pierre chauffante » qu’on lui a donné dans le pays?.

Le caractère varié des roches s’accentue dans l'étage oxfordien, qui, d’une façon générale, se montre plus marneux à l’ouest qu’à l’est; ainsi, entre le Clain et la Vienne, au N.-E. de Poitiers, c'est un calcaire siliceux à chailles, qui rappelle assez les calcaires à silex des bancs sous-jacents; entre Saint-Georges et Neuville, la teneur en silice diminue, et l’on a la pierre grise de Bonnillet, exploitée dans de grandes carrières à ciel ouvert, aujourd’hui en partie abandonnées, comme celle de Grand-Champ, au N. de Poitiers. Le facies marneux domine surtout dans le seuil du Poitou: son développement dans le bassin de Lezay donne un cachet particulier à la contrée. C’est un ensemble de 30 mètres de marnes argileuses d’un blanc grisâtre, où s’intercalent quelques bancs calcaires. Par suite de la disposition en cuvette du synclinal de Lezay, tous les niveaux affleurent successivement des bords vers le centre; en allant de Lezay à Avon et à Rom, on suit la base de l’étage où les marnes renferment des massifs de calcaire grumeleux, noyaux irréguliers, durs, épais de 5 à 6 mètres, que l’on rencontre en blocs isolés dans les champs, où les paysans les désignent de noms variés, ici « chiffres » ou « rocs », là « aigrins ». À ce niveau inférieur succèdent 25 mètres de

1. DE LoncuEMAR. Zludes géolog., IN, p. 17 2. WELscx. Réunion extraord., p. 846.

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marnes grises, qui, aux environs de Chey et de Piémorin, constituent des mamelons doucement arrondis, isolés par l'érosion, seuls reliefs sensibles dans cette contrée déprimée, au sol peu résistant, à la topographie indécise. Le sol superficiel est une terre forte, imperméable, que les pluies rendent impraticable à la circulation ; il y a même des villages où les paysans sont obligés de se servir d’échasses pour traverser les rues!. Par contre, il y règne une sécheresse absolue en été; une partie de l'eau disparaît par des fissures dans l’intérieur du sol, le reste s’évapore sous les rayons d’un soleil ardent qui crevasse le terrain en tous sens : de juin à septembre, c’est le pays de la poussière, après avoir été un marécage durant l'hiver.

Les derniers termes de la série Jurassique, du corallien au portlandien, font défaut dans le seuil du Poitou et ne subsistent plus qu’au nord et au sud, en plongeant vers les bassins de Paris et d'Aquitaine; ils ont disparu de la région centrale par érosion et ne se sont maintenus de part et d'autre qu'aux altitudes inférieures à celle du seuil. Ils apparaissent dans le nord autour de Neuville, mais ils sont surtout développés dans les plaines qui s'étendent depuis Niort jusqu'aux plateaux crétacés de Saintonge et d'Angoumois. L'absence de couverture tertiaire achève d’ailleurs de donner à cette région un aspect différent de celui des environs de Poitiers.

Des calcaires marneux épais de plusieurs centaines de mètres, et très semblables d'aspect dans toute leur masse, se déroulent au delà du ruban de marnes oxfordiennes qu’on peut suivre depuis le marais poitevin jusqu’à Mansle. D'après la nature des fossiles, les géologues y distinguent différents étages, corallien, séquanien, kimméridien ; mais, par la constance de leurs caractères extérieurs, toutes ces roches ne font, au point de vue du géographe, qu'un seul bloc; de la Rochelle à Angoulême, de Frontenay-Rohan-Rohan à Saint-Jean-d'Angély, c'est bien un même pays, offrant même modelé, même régime des eaux, même végétation et mêmes cultures, pays sec, plat dans l’ensemble, jadis tout en vignes, traversé en écharpe par la ligne des forêts de Chizé, d'Aulnay, de Tusson. Cette unité se retrouve jusque dans le passé historique de la région : la cité des Santones l’'englobait tout entière, à l'exception d’Aulnay?

Sables et calcaires crétacés.

La période jurassique se termina en Poitou par une émersion de longue durée, qui ne prit fin qu’au début du crétacé supérieur. Tandis que les mers continuaient à accumuler leurs dépôts dans les deux bassins de Paris et d'Aquitaine, le seuil poitevin se soulévait en un large bombement qui rétablissait les communications continentales entre le massif central et la Vendée. L’érosion s'empara des terres nouvellement émergées et put tout à loisir exercer son œuvre de destruction et de nivellement; les couches des étages corallien et séquanien disparurent de l’espace compris entre Aïrvault, e Blanc, Mansle et Niort. Ce prèmier cycle d’érosion, de beaucoup le plus important

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