WeLscu. Réunion extraord., p
2, RéDeT. Dict, topogr. de la Vienne, p. 380. — Sauvant est la forme locale de Silvain.
existe en Aunis, auprès de Benon; dans la nuit du 14 au 15 août, on va en pèlerinage à la fontaine de la Grâce-Dieu, qui, suivant la tradition, se répand à minuit hors de sa crique pour se déverser dans un ruisseau; l’eau qu’elle roule n’a pas de vertu spéciale pour une affection déterminée, mais tous les malades peuvent lui demander leur gué-
rison!.
Les puits. — Si nombreuses que soient les sources en Poitou, elles ne sauraient suffire à elles seules aux besoins des habitants et de leurs troupeaux. Les progrès de la culture, marqués par les conquêtes de l’homme sur les surfaces incultes, ont étendu de plus en plus le domaine des exploitations, qui ont fini par se trouver fort éloignées des lieux ordinaires d'habitation. Le cultivateur s’est établi au milieu des plaines que défrichait sa charrue. Alors s’est posé pour lui le problème de l’eau; à moins de parcourir un chemin considérable pour gagner la source la plus prochaine, il dut se résigner à chercher sur place l’eau qui lui faisait défaut. Pour atteindre la nappe souterraine, il fallut creuser des puits, parfois à une profondeur considérable. La difficulté du travail et les frais élevés qu'il entraîne réduisent au strict minimum le nombre des puits; souvent il n’y en a qu’un seul pour tout un hameau. Lorsque la profondeur excède 25 à 30 mètres, la population s’agglomère autour du puits, et les fermes éparses deviennent très rares; elles se font plus nombreuses au contraire quand on est sûr de trouver de l’eau sans être obligé de descendre aussi bas. Ce n’est pas absolument sur les terrains imperméables que la population se montre le plus dispersée, c’est sur les points où la nappe aquifère n’est pas trop éloignée de la surface du sol. Dans la région de Blanzai, au nord de Civray, qui est constituée par des terres rouges parfaitement sèches, les hameaux sont nombreux, parce que l’eau se rencontre à 25 mètres au plus de profondeur.
C’est naturellement au voisinage des massifs anciens, là où la dalle calcaire est le moins épaisse, que les puits sont le moins creux. Aux environs de l'Isle-Jourdain, ils varient entre 6 et 20 mètres, suivant qu'ils sont forés dans l’arène de décomposition du granit ou dans la base du bajocien. La bordure de la Gâtine présente des conditions analogues. Les sables et les marnes du cénomanien, avec leurs multiples niveaux d’eau, se prêtent également à l'établissement facile des puits, qui ont en général de 5 à 6 mètres sur les penæes ; mais ils sont exposés à beaucoup baisser pendant l'été et parfois à tarir au mois de septembre dans la région de Loudun; ils sont plus constants dans la région de Châtellerault. Dans le fond des vallées cénomaniennes, à Lencloître, à Châtellerault, il suffit de creuser un trou de quelques décimètres pour trouver l’eau, qui affleure presque au ras du sol?. Sur les plateaux calcaires et dans les pays de plaine la profondeur des puits peut devenir considérable. Elle est voisine de 30 mètres dans la craie tuffeau du Mirebalais, mais elle dépasse rapidement ce chiffre en terrain jurassique. La situation topographique joue d’ailleurs un grand rôle à cet égard; comme
1. Musser. Cartulaire de la Gräce-Dieu, p.38. 2. DE LoncuEMAR. Etudes géol., II, p. 202-211.
entre deux vallées parallèles le plan d’eau ne reste pas horizontal, mais qu’il se relève un peu vers la surface du plateau de séparation, en dessinant un plan incliné au-dessous du rebord du plateau, il s'ensuit qu'il sera plus éloigné du sol superficiel au point où s’accuse ce rebord qu’au milieu même du plateau. Les lignes de rupture de pente sont donc les endroits les plus défavorables pour l'établissement des puits, qui y atteindront leur profondeur maxima. Celle-ci ira ensuite en diminuant jusqu'au bas de la pente, dans la vallée. C’est ce que l’on constate de la façon la plus nette aux environs de Poitiers. Sur les plateaux, à une distance de plusieurs kilomètres du Clain, la profondeur moyenne des puits se tient aux environs de 30 à 35 mètres ; au Porteau, au bord même du coteau, elle s'élève à 43 mètres, et sur d’autres points à 50 mètres, tandis qu'à mi-côte du faubourg de la Cueille elle s’abaisse à 26 mètres. La plupart des anciens puits de Poitiers, qui mesurent une quarantaine de mètres, sont aujourd'hui abandonnés à cause de leur pauvreté en eau; la nappe où ils s’alimentent est en effet drainée par les vallées du Clain et de la Boivre qui entourent la ville et par la multitude de caves à double et à triple étage qui perforent son massif. C’est sous les plateaux de calcaires lacustres que les nappes descendent le plus bas ; elles séjournent en effet dans les dépôts
surface Fopographique
jurassiques sous-jacents,
et pour les atteindre il faut
appe aquifère
EE — n
percer l’épaisseur des cou- puits
ches tertiaires etune grande Fig. 45. — Croquis schématique de l'allure de la nappe aquifère partie des calcaires secon- au voisinage des vallées (environs de Poiliers).
daires. Des profondeurs de
60 mètres sont atteintes dans le canton de Saint-Julien-l’Ars, ainsi qu'aux environs de Saint-Savin et de la Trémouille. A Fleuré età Chauvigny il faut aller jusqu’à 50 mètres?. Aussi de grands espaces restent-ils vides d'habitants.
Les réseaux de fissures dont sont remplis les calcaires jurassiques produisent parfois des changements soudains dans l'allure des nappes souterraines ; à la rencontre d’une diaclase verticale, celles-ci peuvent s’y engouffrer et disparaître d’une façon inattendue. Un exemple typique est fourni par le bourg de Saint-Sauvant, construit à la limite d’affleurement du callovien et de l’oxfordien. Les puits creusés dans le callovien, au N.-E. du bourg, mesurent de 30 à 35 mètres et manquent rarement d’eau. Au sud, on se trouve dans l’oxfordien, où la nappe d’eau est atteinte entre 6 et 20 mètres; la disetie se fait souvent sentir pendant deux et trois mois, et l’eau n’est pas toujours potable. Dans le village même, un puits proche de l’abreuvoir communal permet de prendre l’eau à la main, et ceux qui l’avoisinent immédiatement ont 30 et 40 mètres de profondeur; ils s’alimentent dans la nappe du callovien, tandis que le premier s’alimente dans la nappe superficielle de l’oxfordien*. Cette plaine de Saint-Sauvant, à peu près dépourvue de sources, et où l’eau peut manquer pendant plusieurs mois, est parfois