‹ Les Plaines du PoitouChapitre 51 sur 132 · IpEem. Zbidem · texte numérisé non relu

IpEem. Zbidem

2. Rorranp. Notice carte géolog. feuille de Châtellerault (131). 3. A. FOURNIER. La Fièvre typhoïde en Poitou, passim.

la Font-Chrétien, situées à ses portes; Gouex et Queaux s’alimentent à des fontaines qui sont parmi les plus abondantes du Poitou. Charroux et Civray, pour ne citer que les plus importantes localités des bords de la Charente, consomment aussi les eaux de leurs sources, et non celles de la rivière. Le site de Poitiers n’a pas été choisi par ses premiers habitants seulement à cause de sa forte position défensive sur un promontoire au confluent du Clain et de la Boivre, mais aussi parce que des sources abondantes jaillissant au pied du coteau assuraïent une réserve d’eau inépuisable à ses défenseurs, qui ne craignaient pas d’être réduits à merci par la soif. Les trois fontaines de la Celle, au pied du rocher des Dunes, celles de la route de Paris, entre le confluent de la Boivre et le Porteau, ont servi à l'alimentation de la ville jusqu’au jour où, devenues insuffisantes, et d’ailleurs souvent contaminées par le voisinage des habitations, elles ont été remplacées par des eaux amenées de plus loin. Dès l’époque romaine, trois aqueducs fournissaient à la ville une eau très pure captée à des dis tances de 6 à 12 kilomètres. Deux d’entre eux allaient chercher les eaux qui sourdent autour de Mezeaux; celles de Basse-Fontaine arrivaient par un aqueduc dont on voit encore des restes d’arcs au hameau de l'Hermitage, à 2 kilomètres de Poitiers. Celles de la Reinière et du Cimeau étaient amenées par un autre aqueduc construit à un niveau plus bas et dont on ne voit plus aujourd’hui que les conduites souterraines, en haut du coteau du Clain, au faubourg de la Madeleine. Le troisième aqueduc, qui devait être le plus important, venait de la fontaine de Fleury, située sur la rive droite de la Boivre, près du village de Montreuil-Bonnin. Cette grosse source, qui débite 5.500 mètres cubes par jour’, avait été délaissée, lorsque la municipalité de Poitiers se décida, à la fin du dix-neuvième siècle, à y recourir de nouveau pour les besoins de la ville; en établissant les nouvelles conduites, on a utilisé sur plusieurs points les travaux exécutés à l’époque gallo-romaine. Grâce à l’abondance et à la pureté de ces eaux venues d’une région inhabitée, la ville est aujourd’hui à l'abri de la fièvre typhoiïde, qui ne s’y manifeste que par des cas isolés.

L'existence humaine est trop étroitement liée en Poitou à celle des sources pour que celles-ci n'aient pas été l’objet d’une dévotion particulière de la part des habitants. Le vieux culte des fontaines a laissé dans la contrée des traces encore vivantes; non seulement on rencontre assez fréquemment des dolmens ou des tumuli funéraires au voisinage des points d’eau, mais encore un certain nombre de sanctuaires chrétiens sont édifiés sur des sources. Un saint populaire en Poitou, saint Macou, est en quelque sorte le patron des sources; le chevet de l’église du village de Saint-Macou, près de Civray, est établi sur une fontaine ; il en est de même à Celle-l’Evescault, à Jazeneuil, à Voulon, et l’on donne le nom de fontaines de Saint-Macou à ces eaux particulièrement vénérées; le même nom est encore porté par une source du hameau de la Folie, près de Migné, dans la plaine de Neuville. Aux environs de Mairé, dans la plaine de Saint- Sauvant, c’est à saint Silvain qu’est consacrée une fontaine où l’on serend en pèlerinage pour obtenir la guérison des maladies de la peau et des yeux?. Une coutume analogue

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