II. — Les phénomènes karstiques
L'analogie se poursuit et se complète par le développement qu'y prend l'érosion souterraine ; grottes, gouffres, dolines et pertes de rivières, rien ne manque pour donner à certaines parties du Poitou un aspect de région karstique. Les eaux d'infiltration qui voyagent à travers les masses calcaires y exercent une action intense de corrosion et de dissolution sur les parois des fissures qui leur servent de guides. Elles les rongent peu à peu, les élargissent, provoquent des éboulements et finissent par transformer de simples diaclases en grottes et en cavernes capables de donner abri aux grands animaux et à l’homme.
Les grottes. — Elles prédominent dans les régions de calcaires à silex, surtout quand ils sont dolomitiques, parce qu'alors la roche manque d'homogénéité ; des brisures se produisent au contact des silex plus durs et des calcaires plus tendres, facilitant le travail de dissolution par les eaux?. Les dimensions des grottes sont très variables ; les unes sont de simples trous, comme la grotte à Calvin, au bord du Clain, près du pont du chemin de fer entre Poitiers et Saint-Benoît. Un peu plus loin s’ouvre celle de Passelourdin, près de Saint-Benoît, qui n’est guère plus grande. Ailleurs elles sont plus vastes ; à Lhommaizé, à Verrières, à Lussac-les-Châteaux, elles ont servi de repaires à des hyènes et à d’autres animanx quaternaires. Sur les bords de la Gartempe, la grotte des Cottés, à 7 m. au-dessus de la rivière, a livré des restes intéressants de l’industrie humaine datant des débuts de l’âge du renne. Mais les plus importantes sont celles du Chaffaud, qui s'ouvrent sur les bords de la Charente, à l'est de Civray, et se prolongent au N.-W. sur une longueur d’un kilomètre environ jusqu’auprès de la station de Savigné; le plancher de l'entrée est à 12 m. au-dessus de la Charente et va s’abaissant vers l’intérieur. Un puits vertical fait communiquer la première salle avec la plate-forme supérieure du rocher, et deux autres puits descendent dans des cavités inférieures non explorées. C’est exactement la disposition des cavernes des causses, mais à une échelle très réduite, en raison de l'épaisseur bien moindre des calcaires poitevins. Les dépôts de remplissage, constitués par un complexe de