‹ Les Plaines du PoitouChapitre 56 sur 132 · IDEM. Zbidem, p · texte numérisé non relu

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qui affectent les calcaires; les blocs de silex intercalés dans la roche font probablement office de piliers, quand le calcaire a disparu et qu'il ne reste plus qu’un résidu d'argile formé des éléments insolubles. L’affouillement continuant à se produire, il arrive un moment où le sol miné s'effondre par l’elfet de son propre poids. C’est la conclusion qu'il semble possible de tirer de l'observation des faits, car les entonnoirs continuent à se former sous nos yeux. « En février 1904, à la suite des pluies considérables de l'hiver, il s’est formé des entonnoirs près des villages de Peuneau et de la Poitière, à 4 kilomètres au N. de Pamproux; à la surface du sol se sont produits des affaissements de terre rouge dans un pré; un des trous formés était absolument circulaire, de 5 mètres de diamètre et de 1 mètre de profondeur !. » Nous avons constaté de notre côté un fait identique dans une propriété située près des Fontenelles, à l’est de Sainte-Néomaye, où un trou de dimensions un peu moindres est apparu au mois de décembre 1907, après la période de pluies intenses qui marqua l’automne de cette même année. Le sol était également constitué par de la terre à châtaigniers. Pour se rendre compte du rôle joué par les eaux souterraines dans la production de ces phénomènes, M. Welsch a essayé d'évaluer la quantité de calcaire dissoute par les eaux aboutissant à une fontaine connue; celle de Fleury lui a fourni un total de 365 tonnes par an?. C’est un résultat qui est loin d’être négligeable et qui démontre l’importance du travail effectué dans le sous-sol par les eaux qui y circulent.

La relation géologique de ces phénomènes avec la terre à châtaigniers est évidente. Mais il en existe une autre avec le climat. Les cas d’effondrements directement constatés au cours des derniers hivers se sont produits à la suite de pluies prolongées, et il est logique d'admettre, dans ces conditions, que le volume des pluies n'est pas indifférent à l'existence des entonnoirs. Si l’on compare d’un côté une carte de la répartition de ceux-ci, et de l’autre une carte des hauteurs annuelles de pluie, on voit que la grande majorité des entonnoirs sont compris dans la courbe de plus de 800 millimètres. Ils atteignent à la fois leur plus grand nombre et leurs plus grandes dimensions sur le dôme de Nanteuil, où la hauteur d’eau dépasse 900 mm., et sur le plateau de Melle, surtout entre Saint-Vincent-la-Châtre et Melleran, où elle avoisine de très près ce chiffre. Le sous-sol est évidemment beaucoup plus imprégné d’eau dans ces régions que dans celles où il pleut moins, et l’activité érosive des nappes infiltrées en est accrue d’autant. Le groupe d'entonnoirs qui s'étend au S.-W. de Poitiers, entre Mezeaux et Biard, fait, il est vrai, exception à la règle, puisque la contrée où il est situé reçoit moins de 700 millimètres d'eau; mais son développement est minime, et on pourrait voir dans cette réduction un effet de la diminution de la hauteur des pluies.

Il arrive souvent qu'une vallée, sèche ou non, débute à son origine par un entonnoir; on peut supposer dans ce cas que, par l'effet de l'érosion régressive, la tête d’un vallon est remontée jusqu’à un entonnoir?. Rien n'empêche qu'une série de captures

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