Feuille de Confolens S.-W., bord occidental
2, Les détails qui suivent sont empruntés à WeLscu, Réunion extraord., p. 1012-1017.
plusieurs ruisseaux, coule sur les marnes oxfordiennes jusqu'après Bonneuil; non loin de Vérines elle disparaît subitement dans un tas de cailloux situé dans son lit et large de quatre à cinq pieds; quand les eaux sont un peu abondantes, un deuxième gouffre situé plus bas absorbe ce qui a échappé au premier. La rivière reparaît au delà de Rom, au hameau des Tuffeaux, pour se continuer désormais à l’air libre. C'est seulement dans le cas de forte crue que la continuité de son cours est assurée de bout en bout de la vallée. Celle de la Bouleure, sa voisine à l’est, est le plus souvent à sec dans la traversée du callovien et du bathonien, « si bien qu’elle n’a plus de lit ». Le cours supérieur, situé sur les marnes oxfordiennes, contient généralement de l’eau, ainsi que l'extrémité inférieure, qu'alimentent de grosses résurgences près de Vaux, entre la gare et le village de Couhé. La Péruse, qui traverse l’anticlinal de Montalembert pour se diriger vers Ruffec, possède de l'eau dans son lit entre le hameau des Touches et Saint-Martin-du-Clocher, et sur ce parcours actionne plusieurs moulins ; puis elle disparaît jusqu'à Ruffec, où de grosses résurgences donnent naissance à la rivière du Lien, qui finit bientôt dans la Charente à Condac. C’est seulement dans les années d’exceptionnelle humidité, une fois en dix ou douze ans, qu'il lui arrive de couler en surface dans la partie du cours située en amont de Ruffec'. A l'époque quaternaire elle a eu un débit considérable, qui lui a permis d’accumuler au lieu dit les Gallais, entre Ruffec et Bernac, une épaisseur de 4 à 5 mètres d’alluvions à gros galets roulés, qui forment une petite terrasse recouverte d'éboulis calcaires détachés des flancs de la vallée?. La Sèvre Niortaise subit un sort analogue; après avoir arrosé Chey et reçu le ruisseau de Font-Blanche, elle s’éclipse au gouffre de Brieuil, pour ressortir 500 m. plus bas, à la fontaine de Bagnaux; mais son cours reste précaire jusqu’à Exoudun, où l’arrivée d’une grosse source assure enfin son existence. Même accident arrive au ruisseau de la Chaise, affluent de l’Egray, quand, auprès de Champdeniers, il quitte les schistes anciens pour les calcaires liasiques, où il est absorbé par le gouffre de la Chauvinière, et à l'Égray lui-même, qui disparaît dans les gouffres de la Martinière.
Les vallées sèches. — L'origine des vallées sèches qui sillonnent de toutes parts les plaines du Poitou s'explique désormais sans difficulté. Ce sont des vallées dans lesquelles des ruisseaux ont réellement coulé à l’époque quaternaire, puis qui ont été progressivement abandonnées parles eaux courantes, sous l'empire d’une double cause. D'abord il y a eu réduction dans le volume des pluies; la grosseur des galets quater= naires de la vallée de la Péruse témoigne d’un prodigieux régime torrentiel, hors de proportion avec les pluies actuelles. Le sol saturé d’eau se refusait à se laisser pénétrer par les infiltrations superficiellès; les rivières étaient bien obligées de couler à l'air libre. Ensuite le creusement progressif des vallées principales au-dessous, du niveau qu'elles atteignaient lorsque le réseau des vallons secondaires a commencé à