Renseignement recueilli sur place
2. M. Chauvet y a trouvé des restes de Bos primigenius (communication orale), 3. WeLscu. Ouvr. cité, p. 1013 et'1016.
se constituer, entraîna un mouvement de descente du plan d’eau général des plateaux; l'attraction exercée par les calcaires fissurés sur les eaux de surface devint de plus en plus impérieuse, à mesure que s’abaissait la nappe phréatique. Obéissant aux lois de la pesanteur, qui les entraînait à gagner le niveau de base par le plus court chemin, ces eaux descendirent verticalement par les diaclases pour rejoindre le niveau aquifère, et abandonnèrent ainsi les vallées dans lesquelles elles avaient jusqu'alors coulé. Cet abandon se traduit souvent par une rupture de pente dans le profil de la vallée sèche et par un brusque encaissement dans le plateau au moment où elle va déboucher dans la vallée principale; le cours d’eau, arrêté dans son travail, n’a pu façonner définitivement sa vallée. Les formes anguleuses, heurtées, que présente le dessin des vallées sèches témoignent aussi de l'état inachevé du modelé; l'influence des cassures: de la roche, qui ont guidé au début le travail des cours d’eau, reste prédominante dans l'allure générale du tracé, qui porte une empreinte manifeste de jeunesse.
On a la preuve que le desséchement des vallées en terrain calcaire fissuré se poursuit encore de nos jours, grâce à des observations précises faites auprès de Niort. Au coude de Saint-Maxire, la Sèvre reçoit sur sa rive droite une très grosse source, au débouché d'un vallon sec qui provient de la plaine de Villiers. « Les eaux de pluie qui tombent sur cette plaine se réunissent dans les bas-fonds et les fossés pour aller ensuite se perdre dans des goulfres un peu à l’ouest du bourg. Les gens du pays savent qu'il y a une nappe souterraine très abondante, qu'on appelle le Poléon, et ce ruisseau souterrain a coulé autrefois plus longtemps que de nos jours à la surface du sol!. Sa disparition complète paraît due au développement des cultures dans la plaine de Villiers et au creusement de fossés de desséchement; bref, on a facilité considérablement le travail de descente des eaux?. »
IT. — Le régime des rivières.
Rien n’est plus tranquille qu’une rivière poitevine. Un ruban d’un vert glauque serpente paresseusement au milieu de vertes prairies qu'ombragent des lignes de saules, de peupliers et de frênes. L’eau est profonde, limpide, elle invite à flâner sur ses bords, à la suivre dans ses détours sinueux, qui tantôt vous amènent au pied d’une falaise toute blanche qui se mire dans l'onde et vous barre le chemin, 'et qui tantôt vous égarent au milieu d’un fouillis de verdure; le sol devient élastique, les herbes des prairies poussent avec une vigueur inaccoutumée, prennent de larges feuilles; des iris, des crocus, des colchiques, mettent sur le vert clair des prés les tons bleus, jaunes ou violets de leurs grandes fleurs. La rivière se cache derrière un rideau de joncs et de roseaux. Toujours elle coule à pleins bords. Les bancs de sable ne viennent point y mettre leurs taches jaunes, des rochers hirsutes ne se dressent point au milieu du lit. La régularité du régime est la caractéristique des rivières poitevines.