‹ Les Plaines du PoitouChapitre 62 sur 132 · Rapport cité, Arch. Vienne, SS · texte numérisé non relu

Rapport cité, Arch. Vienne, SS

LESTPLAINES DU POITOU 195

Châtellerault elle ne dépasse guère la cote de 1 mètre qu’en temps de crue, et elle se tient le plus souvent entre 0",50 et 1 mètre!. On peut diviser l’année en deux parties au point de vue du régime; la première, qui va d'octobre à juin, est celle qui voit se produire les crues; la seconde, de juillet à septembre, est l’époque des basses eaux: Les grandes pluies d'octobre ont souvent pour effet de provoquer les montées les plus considérables de l’année, et il ne se passe guère de mois pendant la saison froide sans que survienne une crue, d'importance variable d’ailleurs. La plupart n'atteignent pas 4 mètres; elles se tiennent d'ordinaire aux environs de la cote 3 mètres. Dans l'intervalle de deux crues successives, le niveau redevient extrêmement bas. À Chitellerault, en 1859, après être montée à 5,50 au début de novembre, la Vienne est redescendue dix jours plus tard à 0,25, pour y rester jusqu’à la fin du mois; le 1% décembre elle était à 1,80, le 20 du même mois à 0,10, et le 28 à 2,15. Elle retombe à 1%,50 en janvier 1860, s'élève à 3",45, revient à 1 mètre au milieu du mois. Nouvelle poussée à 3",65 le 1°" février, suivie d’une nouvelle chute à 0®,75: crue de 2,65 le 1° mars, puis descente à 1 mètre. Cette année-là, le régime des basses eaux s'établit par exception dès le printemps”*.

Dans une même journée les variations peuvent être fort rapides, même en plein hiver. Le 27 février 1844, entre 8 heures et 7 heures et demie du matin, le niveau s’est élevé de 2,40 à 5%,30, soit à raison de près d’un mètre à l'heure. À 11 heures du soir il a atteint 52,55; dans la nuit du 29 février au 1° mars, il est tombé aux environs de 2 mêtres, puis remonté de nouveau sous l'influence d’une seconde crue qui l’a élevé à SH 0Dle2iMmars se

Ces palpitations subites ont une répercussion sur le cours inférieur des affluents. Comme ils n’entrent pas en crue en même temps que la Vienne et que le niveau est très inférieur à celui de la rivière principale, ils voient refluer dans leurs vallées une partie des eaux de la Vienne. C’est un accident fréquent dans celle du Clain. Les brusques montées de la Vienne ont pour effet de surélever le niveau de celle-ci bien au-dessus de celui du Clain; la rivière principale se déverse dans son affluent, dont elle inonde la basse vallée. Le niveau de l'embouchure peut se trouver ainsi relevé de 5 ou 6 mètres, ce qui a pour résultat de diminuer la pente du Clain, dont les eaux ralentissent leur cours. Elles se répandent alors sur les prairies qui bordent le lit de la rivière. La crue se propage d’aval en amont jusqu'au point où la pente redevient assez forte pour l'arrêter. Lorsque les eaux de la Vienne se remettent à baisser, celles du Clain suivent leur mouvement, ce qui a pour effet de soutenir le débit de la Vienne en aval du confluent de tout le volume d’eau emmagasiné dans la vallée du Clain au cours de la montée.

L'influence qu’exerce sur la Loire ce cours d’eau torrentiel n’a pas encore pu être suffisamment dégagée‘; on a toutefois constaté qu'il y avait rarement concordance

Moyenne déduite des relevés graphiques des hauteurs d’eau. Relevé graphique des hauteurs d’eau.

Arch. Vienne, SS4, 1. 1.

Comoy, Etudes, notes, p. 80.

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