LXXV. Eglogue Maritime (1634). — Ode
LES AMOVRS DV TRISTAN
S’opposent à ses mouuemens,
Mon ardeur deuient languissante, Et ie m’apperçois que i’enfante Des souspirs pour des complimens.
Mais ne croyez pas que ce dueil Me conduise dans le cercueil Auant que ie vous en deffende :
Et que ma froide volonté Reconnoisse vostre bonté D’vne ingratitude si grande Que ie vous dérobe vne offrande Que ie dois à vostre beauté.
L’ennuy qui me fait souspirer Se puisse tousiours empirer Par de plus sensibles outrages,
Et iamais la rigueur du Sort Ne me laisse trouuer de port ;
Si le plus beau de mes ouurages Ne vous laisse des tesmoignages D’vn dessein qui me plaist si fort.
Et dés que mes sens appaisez Treuueront des vers plus aisez Et des lumières moins communes, S’il vous plaist de les auoüer, le promets de vous les voüer Cessant les plaintes importunes Que ie fais de mes infortunes.
Pour commencer à vous loüer.