‹ Les plaintes d'AcanteChapitre 113 sur 185 · LXXVII · texte numérisé non relu

LXXVII

CHANSON

Les vents qui se sont dechaisnez Courans par tout à l’auanture.

Ne sont pas si fort mutinez Contre les loix de la Nature Durant la plus belle saison,

6 Que mon penser l’est contre ma raison.

LES AMOVRS DV S"* TRISTAN

Depuis que i’ay reueu les yeux ^

Et les doux apas de Syluie,

Mille désirs séditieux Troublent le repos de ma vie,

Et s’oposans à ma raison,

Pressent mon cœur de rentrer en prison.

Mon cœur, tu me le disois bien Qu’il falloit éuiter sa veuë.

Et que dans son doux entretien Les Grâces dont elle est pourueuë Me feroient boire d’vn poison Qjai troubleroit mes sens & ma raison.

Ten ay reconnu le succès.

Ce présagé estoit véritable :

Mais voyant mon mal dans l’excès.

Ma blesseure estant incurable, le veux defFendre à ma raison De me parler iamais de guérison.

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