XCVI
L’INCREDVLITÉ PVNIE
STANCES
L’Obiect est bien puny qui ne me croyoit pas Lors que ie luy iurois en loüant ses apas, Que sa ieune beauté par vne seule oeillade, M’auoit rendu malade.
l’incredvlité pvnie
Pour voir si i’en parlois auecque vérité. L’imprudente obstinée en sa témérité, Courant vers vn Miroir auec impatience.
En fit Texperience.
Des feux réfléchissants du cristal dans ses yeux. Embrasèrent soudain ce cœur audacieux.
Qui pour me secourir quand ie demandois grâce N’auoit que de la glace.
La chaleur estrangere a son sang altéré ;
Et le haut mouuement du poux immodéré Monstre que ce beau corps recelle autant de flame Que i’en ay dans mon ame.
De la pointe d’vn traict Amour ouure son bras.
Et faisant rejallir des rubis sur ses dras.
Tire afin que le mal de la Belle s’alege.
Du feu de cette neige.
Petit Barbier, de grâce, espargne ce beau sang ; Crains-tu pour Amarante ? elle n’est point du rang De ces fresles Beautez de qui les Destinées Ont borné les années.
La Mort n’a point d’empire où régné sa beauté. Tandis que le Soleil aura de la clarté,
Ses yeux qui m’ont rauy ma liberté première Auront de la lumière.
LES AMOVRS DV S"" TRISTAN