POVR LES YEVX DE
O que dans la melancholie De mon agréable folie le souspire de fois le iour !
Et qu’en ces fureurs insensées l’entretiens souuent mes pensées Des images de mon amour.
Mais beaux yeux, c’est tousiours en crainte, Car dans cette estroite contrainte Où tant de respects m’ont soubmis,
La pitié de voir mes alarmes Pouroit mesme obtenir des larmes De mes plus mortels ennemis.
Si par fois rompant le silence le donne air à la violence Du beau feu qui me fait mourir,
Ne m’en faites point de reproches,
Beaux yeux, ce n’est rien qu’à des roches A qui j’en oze discourir.
Quelques dezerts inhabitables Doux promenoirs des misérables Que l’horreur esloigne de tous :
Quelque bois, ou quelque riuage Peuuent seuls rendre tesmoignage Des plaintes que ie fais de vous.
C’est là que triste & solitaire Quelquefois i’ay peine à me taire Pressé de trop d’affliction :
Encore mes pensers redoutent Que les Zephires qui m’escoutent Ne diuulguent ma passion.
LES AMOVRS DV S** TRISTAN
Ainsi l’ame dolente & triste Acaste aux beaux yeux de Cariste De ses maux contoit la moitié.
Et lors, comme touchez de charmes, Ses beaux yeux respandoient des larmes Soit d’amour, ou soit de pitié.