PLAINTE A LA BELLE BANQVIERE
Encore qu’à bien compter le ne puisse me vanter Que de mille francs de rente :
le me treuue plus content Qu’vn Auare qui se vante De plus de vingt fois autant.
Mes désirs sont limitez, le n’ay point les vanitez D’aler ny suiuy, ny braue :
Nul soin ne me va chargeant, Et ie ne me rends esclaue Des hommes, ny de l’argent.
Abhorrant l’émotion Et la sale passion Des Ames intéressées, le laisse courir mes sens Et promener mes pensées Sur des objets innocens.
Le bien de sentir des fleurs De qui l’ame & les couleurs Charment mes esprits malades.
Et l’eau qui d’vn haut rocher Se va jettant par cascades Sont mon trésor le plus cher.
Le doux concert des oyseaux.
Le mouuant christal des eaux, Vn bois, des prez agréables ; Echo qui se plaint d’Amour, Sont des matières capables De m’arrester tout vn iour.
LES AMOVRS DV S"* TRISTAN
Cest en voyant ces obiets,
Que sur de dignes sujets le vay résvant à mon aise ;
Et que mes soins diligens Cherchent vn vers qui me plaise,
90 Et plaise aux honnestes gens.
Mais vous ne m’escoutez pas ;
Ces discours sont sans apas S’ils ne suiuent d’autres ofires :
Ils seroient considérez Si i’auois tout plein mes coffres 96 Des Dieux que vous adorez.