d’odeur toute pleine
LE PROMENOIR DES DEVX AMANS
Voy mille Amours qui se vont prendre Dans les filets de tes cheueux ;
Et d’autres qui cachent leurs feux Dessous vne si belle cendre.
Cette troupe ieune et folastre Si tu pensois la despiter,
S’iroit soudain précipiter
Du haut de ces deux monts d’albastre.
le tremble en voyant ton visage Floter auecque mes désirs,
Tant i’ay de peur que mes soupirs Ne luy facent faire naufrage.
De crainte de cette auanture,
Ne commets pas si librement A cet infidèle Elément Tous les trésors de la Nature.
Veux tu par vn doux priuilege Me mettre au dessus des humains ?
Fay moy boire au creux de tes mains Si l’eau n’en dissoust point la neige.
Ah ! ie n’en puis plus, ie me pasme, Mon ame est preste à s’enuoler ;
Tu viens de me faire aualer La moitié moins d’eau que de flame.
Ta bouche d’vn baiser humide Pourroit amortir ce grand feu ;
De crainte de pecher vn peu N’àcheue pas vn homicide.
Faurois plus de bonne fortune Caressé d’vn ieune Soleil Que celuy qui dans le sommeil io8 Receut des faneurs de la Lune.
Climeine, ce baiser m’enyure,
Cet autre me rend tout transi.
Si ie ne meurs de cetui-cy,
II2 le ne suis pas digne de viure.