XVI
RESOLVTION D’AYMER
STANCES
Puis qu’ Amour dans ses yeux ne se peut euiter, le ne sçaurois plus résister,
Car ie ne treuue pas de gloire à me deffendre,
Ny de honte à me rendre.
Qu’elle ayt de la pitié, qu’elle ayt de la rigueur, Philis est Reine de mon coeur.
C’est inutilement que ma raison s’opose Aux loix qu’elle m’impose.
Vouloir vaincre l’ardeur qu’elle sçait allumer Et se diuertir de l’aymer,
Seroit vouloir en vain d’vne erreur obstinée Veincre sa destinée.
Seruons la donc, mon ame, & sans plus différer. Faisons nous autant admirer Par la fidelité de nostre obéissance.
Qu’elle par sa puissance.
le cognoy son humeur & sçay que sa Beauté Se plaist dans vne cruauté Qui se mocque tousiours des soupirs & des larmes Que font naistre ses charmes.
Mais toute cette glace augmante mon ardeur.
Et pour conseruer leur odeur Il est bien à propos que des roses diuines Ne soient pas sans espines.