‹ Les plaintes d'AcanteChapitre 44 sur 185 · LE MESPRIS · texte numérisé non relu

LE MESPRIS

STANCES

Ne te ris plus de mes douleurs, Perfide sujet de mes pleurs,

Ingrate cause de mes plaintes ;

4 Tu ne fais plus mes desplaisirs.

Mes tristesses, ny mes soupirs.

Tu ne me donnes plus d’attaintes Et pour toy ie n’ay plus de craintes, 8 D’esperances, ny de désirs.

Mon esprit abhorre ta loy.

Tu m’as trop engagé ta foy Et me l’as trop souuent faussée :

12 le seray sage à l’auenir ;

Ma peine commence à finir.

Toute mon ardeur est passée Et ie deflfends à ma pensée i6 De m’en faire plus souuenir.

le pourrois auecque raison

Punir ta lasche trahison

Et te noiicir d’vn iuste blasme :

20 Mais ie commence à négliger

Le soin de te desobliger ;

Car cet obiet est trop infâme Pour n’effacer pas de mon ame 24 La volonté de me vanger.

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