LIX
LA FAVSSE PERSVASION
SONNET
Olinde, vos appas ont enchanté mes sens.
Vos beaux yeux ont versé du poison dans mon Ame, Et vos honteux regards sont des traicts innocens Contre qui la Raison ne sçait point de Dictame.
Les Dieux qui sont ialoux des peines que ie sens Bruslent pour vous là haut d’vne secrete flame.
Et comme eux vous auriez des vœux & de l’encens Si vous n’estiez point sourde alors qu’on vous reclame.
Perdez pour vostre honneur ces inhumanitez.
Ayez ceste douceur qu’ont les Diuinitez
Qui ne s’ofFencent point voyant qu’on les adore.
Que ie n’implore point en vain vostre secours.
Et qu’il ne soit pas dit qu’vne nouvelle Aurore Ait voulu présider à la fin de mes iours.