‹ Les plaisanteries de Nasr-Eddin HodjaChapitre 10 sur 99 · IX. — Le comput du pot · texte numérisé non relu

IX. — Le comput du pot

Pendant le mois de Ramazan (voir note 3), il vint une idee au Hodja. C'etait, pour pouvoir suivre le jeune impose aux rideles durant ce mois, de se procurer un vase ou il mettrait chaque jour un grain de sable. Par aventure, sa petite fille vint a jeter une poignee de pierres dans le pot. Peu apres, on demande au Hodja a quel quantieme du mois on en etait. — Attendez un instant, dit-il, que je regarde. — II rentre chez lui, renverse le pot, compte les pierres, et en trouve cent vingt. Si j'indique un pareil total, pense-t-il, on me traitera d-'insense. — C'est aujourd'hui, repond-il aux questionneurs, le quarante cinq. — Comment, Hodja, mais il n'y a, dans un mois complet, que trente jours, et tu nous paries de quarante-cinq ? — Ce n'est pas a la le-

gere que je vous ai repondu, dit-il ; si vous vous arretiez au comput du pot, nous serions au cent vingt-cinq du mois.

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