XXXIX. — Point d'honoraires point de conseils
Un mollah (pretre) avait parcouru 1'Arabie, la Perse, l'lnde et toutes les contrees, sans pouvoir obtenir de reponse a certaine question. Le Hodja lui fut indique. II partit aussitot pour Ak-Chehiret, en chemin, depense un aspre (voir note i) a acheter des grenades qu'il met dans son sein. En arrivant aux champs les plus voisins d'Ak - Chehir , il apergoit un liomme occupe a labourer une piece de terre, chausse" de guetres, vetu de feutre, mais qui avait cependant l'apparenced'une
personne instruite; c'etait le Hodja. — II le joint et le salue. — Le salut soit sur vous, Mollah-effendi, repond le Hodja, qu'y a-t-il de nouveau? — Je viens te poser des questions, pourras-tu m'y repondre ? — Certainement, mais quelqu'un a dit : sans argent ta mere n'aurait rien accorde a ton pere, pourquoi te satisferais-je? — Le mollah sort les grenades qu'il avait dans son sein et les offre au Hodja. Celui-ci se met alors a repondre aux demandes du mollah, tout en mangeant les grenades l'une apres l'autre. II les rinissait quand le mollah lui dit : — II reste encore une question. — Tu te trompes, mon ami, reste-t-il de la grenade?— Oh! lit le mollah, tu me parais un laboureur a la grecque (un artisan de fourberies), il ne manque pas de pareils savants. Et il partit.