LXXII. — Moyen de preserver ses vetements de la pluie
Une autre fois, le Hodjas'en va de nouveau chez le bey. Comme celui-ci partait pour la chasse il emmene avec lui le Hodja et le fait monter sur unerosse. Une averse vient a tomber; chacun s'enfuit au galop de son cheval. Quant au Hodja, il ne put faire avancer sa bete et dut rester la.
Sans plus tarder il 6te ses habits, les met a l'abri sous le ventre de l'animal et reste dessus. La pluie finie il s'habille et arrive aupres du bey. Celui-ci s'etonne fort de ne point le voir trempe. — Ce cheval est fort vigoureux, explique le Hodja, il a couru si vite que je n'ai pas eu le
temps d'etre mouille. Sur ce temoignage le bey attache le cheval a la premiere place de son ecurie. Un autre jour, en allant a la chasse, le bey prend ce fameux coureur et donne une autre monture au Hodja. II vint derechef a pleuvoir; chacun courut se mettre a couvert et le bey, reste sur sa rosse, fut trempe de la bonne maniere. Furieux de la reponse que lui avait faite le Hodja, il l'appelle devant lui le lendemain. — Mc crois : tu ton egal, que tu m'as menti alors que tu avais ete mouille? — Pourquoi t'irrites-tu, bey, n'as-tu done aucune connaissance des usages? Si, comme moi, tu t'etais depouille et etais reste sur la bete, tu aurais pu, la pluie passee, te presenter couvert d'habits sees.