CIX. — Le berger astronome
Un jour que le Hodja se rendait a Der ■ bend (voir note 9), il rencontre un berger.
— Es-tu docteur de la loi ? lui demande celui-ci. — Certainement. — Ecoute; j'ai pose une question aux gens cotnme toi; attends un moment que nousfassions une convention : si tu peux me repondre je
parlerai, si tu ne peux pas nous ne parlerons pas. — Quelle est ta question ? fit le Hodja. — Des deux lunes qui existent, dit-il, 1'une est petite : elle devient grande comme une roue quinze jours apres, puis elle meurt et disparait. Ensuite une nouvelle parait et en fait autant. Que deviennent les vieilles?— Voila vraiment, fit le Hodja, une chose bien difficile. Les vieilles lunes se brisent et on en fait des eclairs. Ne vois-tu pas, quand il tonne, de quelle facon ils brillent, semblables a des epe'es ? - Bravo! s'ecrie le berger, tu es un vrai savant; je suis absolumentde ton avis.