A LA REYNE
Nos bois, nos rochers, nos montagnes, Tous nos chasseurs, et mes compagnes Qui m^ont toujours rendu des honneurs souuerains; Depuis que parmy nous ils vous ont veu paroistre,
Ne veulent plus me reconnoistre, Et charge:^ de presens, viennent auec mqy Vous porter ce tribut pour marque de leurfoy. Les habitans légers de cet heureux boccage.
De tomber dans vos rets font leur sort le plus doux. Et n* estiment rien dauantage, Que Vheur de périr de vos coups :
Amour dont vous aue!( la grâce et le visage, A le mesme secret que vous.
Pan.
leune Diuinité, ne vous estonne^ pas.
Lorsque nous vous offrons en ce fameux repas L'eslite de nos bergeries :
Si nos troupeaux goustent en paix Les herbages de nos prairies, •
Nous deuons ce bon-heur à vos diuins attraits»
CEs Récits acheuez, vne grande Table en forme de Croissant, rond d'vn costé, où Ton deuoit couurir, et garnir de fleurs celuy où elle estoit creuze, vint à se descouurir.
Trente-six Violons très bien vestus, parurent derrière sur vn petit Théâtre : pendant que Messieurs de la Marche, et Parfait Père, Frère, et Fils Contrôleurs Généraux, sous les noms de TAbondance, de la loye, de la Propreté, et de la Bonne-Chere; Ta firent couurir par les Plaisirs, par les leux, par les Ris et par les Délices.
Leurs Majestez s'y mirent en cet ordre, qui preuint tous les embarras, qui eusent pu naistre pour les rangs.
La Reyne Mère estoit assise au milieu de la Table; et aùoità sa main droite.