Scène Devxiesme
VN OVRS. MORON.
MORON
AH ! Monsieur TOurs, je suis vostre seruiteur de tout mon cœur ! de grâce epargne«-moy.
Je vous asseure que je ne vaux rien du tout à manger, je n'ay que la peau et les os, et je voy de certaines gens la bas qui seroient bien mieux vostre affaire. £h ! Eh ! £h ! monseigneur, tout doux, s*il vous plaist. La la la la» ah 1 monseigneur que vostre Altesse est jolie et bien faite; elle a tout à fait Tair galand et la taille la plus mignonne du monde» Ah beau poil l belle teste 1 beaux yeux brillans et bien fendus 1 ah beau petit nez 1 belle petite bouche 1 petites quenotes jolies ! ah belle gorge 1 belles petites menottes i petits ongles bien faits. A l'aide, au secours, je suis mort, miséricorde, pauure Moron, ah mon Dieu ! et viste, à moy, je suis perdu 1 Eh, mes- Les sieurs, ayez pitié de moy! bon messieurs tuez seurs moy ce vilain animal-là? O Ciel ! daigne les as- paroiS' sister. Bon le voila qui fuit, le voila qui s'arreste *^"^* et qui se jette sur eux. Bon en voila vn qui vient de luy donner vn coup dans la gueule. Les voila tous à Fentour de luy. Courage» ferme, allons
mes amis. Bon, poussez fort, encore, ah ! le voila qui est à terre, c'en est fait il est mort, descendons maintenant pour luy donner cent coups.
Seruiteur Messieurs, je vous rends grâce de m'auoir déliuré de cette beste, maintenant que vous Tauez tuée je m'en vais Tacheuer, et en triompher auec vous.
Ces heureux chasseurs j n'eurent pas plustost rent' porté cette victoire, que Moron, deuenu braue par Véloignement du péril, voulut aller donner mille coups à la beste, qui n'estoit plus en estât de se def" fendre, et fit tout ce qu'vn fanfaron, qui n'auroitpas esté trop hardy, eust pu faire en cette occasion; et les chasseurs, pour tesmoigner leur joye, dansèrent une fort belle Entrée : C*estoient M. Mançeau, les Sieurs Chicanneau, Balta:(ard, Noblet, Bonard, Ma^ gny, et la Pierre.
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de risle Enchantée. 5j