MORON, PHILIS
PMORON.
Hilis demeure icy ?
PHILIS
Non , laisse-moy suiure les autres.
MORON
Ah ! cruelle, si c'estoit Tîrcis qui t'en priast, tu demeu rerois bien viste.
PHILIS
Cela se pourroit faire, et je demeure d'accord que ie trouue bien mieux mon conte auec l'vn qu'auec l'autre; car il me diuertit auec sa voix, et toy tu m'estourdis de ton cacquet. Lors que tu chanteras aussi bien que luy, ie te promets de t'écouter.
MORON
Eh ! demeure vn peu.
PHILIS
le ne sçaurois.
yo Les Plaisirs
De grâce?
PHILIS
Point te dis-je.
MORON
le ne te laisseray point aller.
PHILIS
Ah 1 que de façons.
MORON
le ne te demande qu'vn moment à estre auec toy?
PHILIS
Et bien ! otiy, j'y demeureray, pourueu que tu me promette vne chose?
MORON
Et qu'elle ?
PHILIS
De ne me point parler du tout.
MORON
Eh 1 Philis ?
PHILIS
A moins que de cela )e ne demeureray point auec toy.
MORON
Veux-tu me...
PHILIS.- Laisse-moy aller ?
MORON
Et bien, ouy, demeure : }e ne te diray mot.
de risle Enchantée. 7 1
PHI LIS
Prens-y bien garde au moins; car à la moindre parole je prens la fuit te.
MORON
Soit. Ahl Philis... Eh... Elle s'enfuit, et je n/ait ne sçaurois Tatraper. Voila ce que c'est, s! je ^*^ sçauois chanter j'en ferois bien mieux mes af- degc faires. La pluspart des femmes aujourd'huy se ''''• laissent prendre par les oreilles : Elles sont cause que tout le monde se mesle de Musique, et Ton ne reiissit auprès d'elles, que par les petites chansons, et les petits vers qu'on leur fait entendre. Il faut que j'aprenne à chanter pour faire comme les autres. Bon voicy justement mon homme.