APOLLON
Si ces lieux fortune^ ont tout ce qu'eût la Grèce De gloire, de valeur^ de mérite et d'adresse; Ce n'est pas sans raison qu'on y voit tranfere\ Ces Jeux, qu'à mon honneur la terre a consacre:^ :
J'ay toujours pris plaisir à verser sur la France De mes plus doux Rayons la bénigne influence : Mais le charmant objet qu'Jfymen y fait régner, Pour elle maintenant me fait tout desdaigner.
Depuis vn si long-temps que pour le bien du monde Je fais l'immense tour de la terre et de fonde, Jamais je n'ay rien veu si digne de mes feux, Jamais vn sang si noble, vn cœur si généreux^ Jamais tant de lumière auec tant d'innocence ; Jamais tant de jeunesse auec tant de prudence'^ Jamais tant de grandeur auec tant de bonté; Jamais tant de sagesse auec tant de beauté.
Mille Climats diuers qu'on vit sous la puissance De tous les demi-Dieux dont elle prit naissance Cédant à son mérite autant qu'à leur deuoir, Se trouueront vn jour vnis sous son pouuoir.
Ce qu'eurent de grandeurs et la France et V Espagne, Les droicts de Charles-Quint, les droicts de Charle- Magne, En elle auec leur sang heureusement transmis, Rendront tout VVnivers à son Trosne soumis :
Mais vn Titre plus grand, vn plus noble partage . Qui Vesltue plus haut, qui luy plaist d'auantage ; Vn Nom qui tient en soy les plus grands noms vnis. C'est le Nom glorieux d'Epouse de LO VJS.
Le Siècle d'Argent.
Quel destin fait briller auec tant d'injustice Dans le siècle de fer vn Astre si propice?
Le Siècle d'Or.
Ah! ne murmure point contre Vordre des Dieux, Loin de s'en orgueillir d'vn don si précieux, Ce siècle qui du Ciel a mérité la haine En deuroit augurer sa ruine prochaine, Et voir qu'vne vertu qu'il ne peut suborner.
Vient moins pour l'anoblir que pour l'exterminer.
Si tost qu'elle paroist dans cette heureuse terre, Vqy comme elle en bannit les fureurs de la guerre : Comment depuis ce jour d'infatigables mains Trauaillent sans relâche au bon^heur des humains; Par quels secrets ressorts vn Héros se prépare A chasser les horreurs d'vn siècle si barbare. Et me faire reuivre auec tous les plaisirs.
Qui peuuent contenter les innocens désirs.
Le Siècle de Fer.
le sçais quels ennemis ont entrepris ma perte, Leurs desseins sont connus, leur trasme est descouuerte; Mais mon cœur n'en est pas à tel point abatu...