LES MÊMES. LE GARÇON. LE FILS DU DOCTEUR
LE GARÇON, rentrant avec le Fils du Docteur.
— Voici, Messieurs. J'étais avec un candidat malade.
LE PRÉSIDENT. - Votre place est ici. Voulezvous nous débarrasser de Monsieur.
EMMANUEL. — De moi ? Sans rire !
LE PRÉSIDENT. — Il va vous faire sortir.
EMMANUEL. — S'il approche, j'en fais de la compote ! (Le Garçon recule) Ma parole, vous êtes inconscients tous les trois !
LE DEUXIÈME PROFESSEUR. - Inconscients ! Deuxième injure.
LE TROISIÈME PROFESSEUR, se dre^ant.
— Malheureux ! Vous rendez-vous compte que votre cas sera soumis au Conseil Supérieur de l'Université, et... et...
EMMANUEL. — Et... pas d'éclat, je vous en prie ! Ecoutez-moi sans sauter telles des crevettes derrière votre comptoir. Quand on a un métier charmant comme le vôtre, qui consiste à s'occuper toute la journée de la lune et de La Fontaine, on
ne se fâche pas, on sourit. Je suis stupéfait d€ n'avoir pas encore eu de vous un sourire !
LE PRÉSIDENT. — Garçon !
EMMANUEL. — Je suis entré dans ce monument public pour voir à quel genre d'occupations nationales on s'y livrait. Dès que j'y ai été, on m'a appelé et on m'a dit : « Approchez ». Je suis bonne pâte ; j'aime la vie telle qu'elle est ; je suis venu. On m'a posé des questions : j'ai répondu. Tout à coup, on se fâche ; alors je me fâche aussi ! Mais réflexion faite, je suis un sot; ie ne demande qu'à m'apaiser et à vous donner avec bonne grâce sur la littérature et l'astronomie, tous les renseignements...
LE PRÉSIDENT, très pâle. — Garçon, voulezvous sortir chercher les gardes de la Faculté !
LE GARÇON. — Les... gardes ?
(Il sort).
EMMANUEL. — Ah ! alors c'est vous qui ne voulez pas de l'apaisement. Comme j'aime les spectacles policiers, je me calme quand même et m'installe.
LE PRÉSIDENT. — Installez- vous. C'est une histoire qui finira en Correctionnelle.
EMMANUEL. — Qui est cette bete-là ?
LE DEUXIÈME PROFESSEUR. — Maintenant, il insulte la Justice !
LE PRÉSIDENT. — Il faudra retenir toutes ses injures. D'ailleurs, il y a des témoins. (Au public qui rit :) Messieurs...
EMMANUEL, désignant la jeune fille aux cheveux somptueux. — Il y a aussi une Demoiselle...
LE PRÉSIDENT. — Messieurs, vous qui etea