‹ Les planètes et leur origineChapitre 103 sur 139 · I. — Laplaci · texte numérisé non relu

I. — Laplaci

Hypothèse de Laplace. — « On a, pour remonter à la cause des mouvements primitifs du système planétaire, les phénomènes suivants (') : les mou\ements des planètes dans le même sens et à peu près dans un même plan; les mouvements des satellites dans le même sens que ceux des planètes; les mouvements de rotation de ces dilîerents corps et du Soleil, dans le même sens que leurs mouvements de projection et dans des plans peu dilîerents; le peu d'excentricité des orbes des planètes et des satellites.

)) \ ovons s'il est possible de s'éle\er à leur véritable cause.

» Quelle que soit sa nature, puisqu'elle a produit ou dirigé les mouvements <les planètes, il faut (pi Clic \\\i embrassi- Ions ces corjis, et,

(•) Laplace néglige complètement le fail si imporlant signalé en 1797 avec insistance par \V. Herschell : les deux anciens satellites crUraniis trouvés par cet astronome efTecluent leurs révolutions en sens rétrograde.

a36 TROISIÈME PARTIE. — FORMATION DU SYSTÈME PLANÉTAIRE.

VU la distance prodigieuse qui les sépare, elle ne peut avoir été quun fluide d'une immense étendue. Pour leur avoir donné, dans le même sens, un mouvement presque circulaire autour du Soleil, il faut que ce fluide ait environné cet astre comme une atmosphère. La considération des mouvements planétaires nous conduit donc à penser qu'en vertu d'une chaleur excessive, l'atmosphère du Soleil s'est primitivement étendue au delà des orbes de toutes les planètes, et cju'elle s'est resserrée successivement jusqu'à ses limites actuelles.

)) Dans l'état primitif où nous supposons le Soleil, il ressemblait aux néjjuleuses que le télescope nous montre composées d'un noyau plus ou moins brillant, entouré d'une nébulosité cjui, en se condensant à la surface du noyau, le transforme en étoile. Si l'on conçoit, par analogie, toutes les étoiles formées de cette manière, on peut imaginer leur état antérieur de nébulosité, précédé lui-même par d'autres états dans lesquels la matière nébuleuse était de plus en plus diffuse, le noyau étant de moins en moins lumineux. (3n arrive ainsi, en remontant aussi loin qu'il est possible, à une nébulosité tellement diffuse qu'on pourrait à peine en soupçonner l'existence.

» Mais comment l'atmosphère solaire a-t-elle déterminé les mouvements de rotation et de révolution des planètes et des satellites? Si ces corps avaient pénétré profondément dans cette atmosphère, sa résistance les aurait fait tomber sur le Soleil; on peut donc conjecturer que les planètes ont été formées à ces limites successives par la condensation des zones de vapeurs qu'elle a dû, en se refroidissant, abandonner dans le plan de son équateur.

» 1^'atmosphère du Soleil ne ])eut pas s'étendre indéfiniment; sa limite est le point où la force centrifuge due à son mouvement de rotation balance la pesanteur; or, à mesure que le refroidissement resserre l'atmosphère et condense à la surface de l'astre les molécules qui en sont voisines, le mouvement de rotation augmente; car, en vertu du principe des aires, la somme des aires décrites par le rayon vecteur de chaque molécule du Soleil et de son atmosphère, et projetées sur le plan de son équateur, étant toujours la même, la rotation doit être plus prompte quand ces molécules se rapprochent du centre du Soleil. La force centrifuge due à ce mouvement devenant ainsi plus grande, le point où la pesanteur lui est égale est plus près de ce centre; en supposant donc, ce qu'il est naturel d'admettre, que l'atmo-

Page 1