‹ Les planètes et leur origineChapitre 108 sur 139 · CHAPITRE I. — LAPLACE ET SES SUCCESSEURS · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — LAPLACE ET SES SUCCESSEURS

que r au g m en talion de vitesse entraîne dans la nébuleuse, considérons deux états différents caractérisés par deux vitesses de rotation différentes (V et w, auxquelles correspondent respectivement les surfaces limites L et L, et les surfaces libres S et S| {^/îg- 80).

Toute la portion de l'atmosphère en dehors de L, échappe à la nébuleuse, et la matière entre S et S, n'est plus en équilibre, « la couche fluide qui se trouve en dehors de S, descend des pôles vers l'équateur en coulant le long des surfaces de niveau et s'échappe, comme par une ouverture, par l'arête saillante que nous avons signalée ».

Le refroidissement continuant, il semblerait que cet écoulement de matière le long de l'arête équatoriale saillante devrait être continu. Il ne l'est pas. La nébuleuse abandonne dans le voisinage du plan de son équateur, par le procédé que nous avons vu plus haut, les parties superficielles de son atmosphère qui sont les plus froides ; celles-ci s'écoulent vers l'équateur et, ne se portant plus vers le centre, ne contribuent plus à la condensation centrale. La diminution du moment d'inertie cesse, la vitesse de rotation devient constante, l'équilibre se rétablit et la nébuleuse solaire entre dans une nouvelle période de stabilité. Mais, dès lors et par suite du refroidissement, le mouvement de la matière périphérique vers le centre recommence, la vitesse de rotation se remet à croître et peut atteindre une valeur suffisante pour qu'il y ait de nouveau instabilité

On conçoit que la même série de phénomènes puisse se reproduire à des intervalles plus ou moins distants et l'on comprend par ce mécanisme J'a])andon, dans le plan équatorial de la nébuleuse, d'une succession d'anneaux de Laplace.

Formation des planètes. — « Considérons une des zones délaissées dans le plan de l'équateur. Si les divers points matériels dont elle est formée ont décrit primitivement un grand cercle, ils conser- .veronl leur vitesse telle que leur poids est constamment équilibré par la force centrifuge. Ils continueront donc à circuler comme auparavant. L'ensemble de ces points constitue un cercle matériel se mouvant comme s'il était solide. Lne série de cercles pareils successivement délaissés forme un anneau de largeur finie, circulant autour du centre commun, mais désoxnnais indépendant du Soleil, et, par suite, étranger aux modifications que le refroidissement apportera à la rotation solaire. Cet anneau nébuleux, agglomération de parti-

■^44 TROISIÈMK PARTIE. — FORMATION DU SYSTÈMK PLANÉTAIRE.

cules, se mouvant sur des orbites à peu près circulaires, continuant à se condenser plus ou moins i"égulièreinent, s'est rompu et finalement aggloméré, au moins partiellement, en masses sphéroï-

Ot fOPMATton,

dales, à l'état fluide, qui bientôt se sont réunies autour de la plus puissante d'entre elles pour l'ormer une masse sphéroVdale de vapeurs circulant autour du Soleil à peu près comme Tanneau primitif"; telles furent, selon Laplace, les planètes à l'origine, tournant dans des orbes peu excentriques et tournant aussi sur elles-mêmes dans le sens de la révolution en vertu de l'excès de vitesse des molécules supérieures relativement aux inférieures i^/ig'. 89). »

Cette conclusion sur le sens de rotation de la planète foi-mée suppose expressément que, en vertu du frottement réciproque des molécules, chaque anneau laissé dans la zone équatoriale a fini par tourner d'une seule pièce, comme s'il était solide.

D'après cette formation, les distances auxquelles circulent actuellement les planètes nous donnent sensiblement le rayon de la nébuleuse aux époques d'instabilité. Or ce rayon est celui de Téquateur de la surface limite L dont les points sont caractérisés par ce fait que la force centrifuge équilibre exactement la pesanteur. Si donc M est la masse totale, a le rayon de l'anneau abandonné, T le temps qu'il met à eflectuer une révolution complète, nous avons l'égalité

d'où

const.

c'est-à-dire l'expression de la troisième loi de Kepler. « Cet accord

Page 1